Des policiers de la SQ et du SPVM sont de mèche avec le Parti libéral

·Chroniqueur national et international

Philippe Couillard a tenté de défendre l’intégrité du parti libéral au sujet de la perquisition secrète effectuée par l’UPAC au siège du gang rouge en juillet dernier. Il devrait commencer par s’occuper de la sienne et nous expliquer pourquoi il l’a caché au public jusqu’à ce que Radio-Canada révèle l’information il y a deux jours. Il n’en a même pas parlé à son caucus.

Il a dit en conférence de presse que les libéraux vont assumer leur passé, ajoutant curieusement du même souffle qu’il ne veut pas savoir si d'anciens députés ou ministres libéraux ont été interrogés par la police. On ne doit pas s’attendre à mieux de la part d’un homme qui voulait se lancer en affaire avec son ami Arthur Porter qui tente d’éviter d’être extradé du Panama pour répondre à des accusations de corruption au Québec.

Les mêmes vieilles « gamiques » ont toujours cours chez les libéraux. C’est plus fort qu’eux on dirait. Regardez le cas du député Pierre Marsan. Il distribue dans une synagogue une réclame rappelant aux Juifs sépharades que le PLQ avait été généreux avec eux en leur octroyant un permis de garderie dans l’espoir qu’ils contribuent à sa caisse électorale. Tony Tomassi doit être fier de lui! Marsan, tout penaud, a présenté ses excuses. De s’être fait prendre!

Tout un défi pour Couillard de vouloir donner à cette association de malfaiteurs, qu’est devenu le PLQ sous Charest, l’image d’une organisation au-dessus de tout soupçon.

Il y a aussi de quoi soupçonner la police dans cette affaire de descente au PLQ. Comment expliquer la discrétion de l’UPAC lorsqu’elle frappe les libéraux? Comment se fait-il que les journalistes cette fois n’aient pas reçu d’avis préalables comme ce fut le cas lors de ses interventions ultra-médiatisées de l'UPAC à Laval et ailleurs?

Le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière était sous-ministre de la sécurité publique, donc le bras droit du ministre libéral Jacques Dupuis, quand ce dernier a forcé la SQ à donner un permis de port d’arme à l’ami du ministre libéral Tony Tomassi, Luigi Coretti. Tomassi utilisait une carte de crédit fournie par la compagnie de Coretti, BCIA. Il doit répondre de cela devant les tribunaux.

Selon Radio-Canada, la perquisition était en rapport avec le financement illégal du PLQ. Devant la commission Charbonneau, Lino Zambito (ami de longue date de Denis Coderre) a affirmé être allé porter 90 000 $ à l’ex-ministre Violette Trépanier, responsable du financement du parti libéral, à son repère de la rue Waverly à Montréal. 

Il faut constater que depuis dix ans, la police en général (et plus particulièrement la SQ) a tout fait pour éviter que ses enquêtes sur la corruption qui gangrène le Québec portent ombrage aux libéraux.

Dès l’automne 2003, la SQ a été mise au courant de la corruption dans le domaine de la construction par François Beaudry, un ingénieur consultant au ministère des Transports du Québec. Elle s’est traîné les pieds jusqu’en 2009. Beaudry, qu’on va bientôt entendre à la commission Charbonneau, constate que les enquêteurs au dossier étaient mutés et remplacés par de nouveaux policiers qui recommençaient l’enquête à zéro. Il comprend que la seule façon de faire éclater le scandale est de passer par les médias et contacte l’émission Enquête de Radio-Canada.

Puis pendant trois ans, les enquêtes sur la corruption et les liens de la mafia avec la FTQ et les libéraux ce sont essentiellement les journalistes de Radio-Canada, du Devoir et de La Presse qui les font. Pas la SQ. Entretemps, Charest multiple les entités policières - escouade Marteau, équipe mixte sur la malversation, UPAC - qui ne réussissent pas à faire des arrestations. À plusieurs reprises des policiers se plaignent dans les médias, sous le couvert de l’anonymat, d’ingérences politiques dans leurs enquêtes. Le fameux rapport Duchesneau à l’origine de la commission Charbonneau n’aurait jamais été connu du public s’il ne l’avait pas lui-même coulé à Radio-Canada. Des procureurs qui refusent de signer des mandats d’arrestation malgré des preuves accablantes sont récompensés par le gouvernement libéral par un siège à la magistrature. Il a fallu que les libéraux soient chassés du pouvoir pour que la police commence à faire des arrestations.

J’ai bien hâte de voir si la commission Charbonneau va enquêter sur les liens secrets entre des hauts dirigeants de la SQ et du SPVM avec le parti libéral.

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