Le Monde selon Ravanello

"Ce qu'il ne faut pas dire..." aux Italiens


Petit guide de vacances au second degré à l’ombre. Tout ce qu’il ne faut pas dire aux Italiens sous peine de les fâcher...


Vous allez en Italie, et franchement vous avez raison, on sait y vivre. Vous y mangerez divinement, vous comprendrez qu’on peut faire de belles choses depuis des millénaires sans se prendre trop au sérieux et expliquer au monde entier qu’il faut faire pareil, en gros vous allez au pays où vivre n’est pas exister. Mais quand même, il va falloir être gentil.

Nos amis italiens vivent depuis 3 ans suspendus au-dessus du vide. Ils ont eu un Premier ministre tellement baroque, qui laissait le déficit public aller dans le rouge avec une telle désinvolture, qu’un soir à Bruxelles monsieur/madame Merkozy l’a pris entre "4 zieux" pour lui dire "écoute Silvio, il faudrait que tu t’en ailles parce qu’ avec toi président du Conseil on ne pourra pas aider l’Italie ". Il est parti, et paf il est revenu aux élections suivantes : à 0.3 % près il a même failli gagner. C’est dire qu’en Emilie Romagne ou à Rome, où on vient de voter à gauche, Berlusconi reste le sujet qui fâche, voire qui fait honte.

L’économie, ça n’est toujours pas ça. Le chômage galope, mais les prix baissent. Pour vous ce sera bien, pour eux c’est bien si ça ne dure pas. On craint la récession en boule de neige : de moins en moins de richesses qui créent de moins en moins de richesses. Tout ça pour dire : éviter de négocier les prix, si vous trouvez les pâtes trop chères c’est juste que vous vous êtes trompés d’adresse.

Vous risquez aussi de croiser des gens qui ont 5 étoiles dans les yeux. Ça peut-être agréable, les Italiens et les Italiennes ayant la réputation d’être plutôt charmants (sujet sur lequel je ne prendrais pas partie). Les 5 étoiles ne seront pas forcément celles d’un hôtel, dont la qualité peine encore à monter. C’est le nom du parti de Beppe Grillo, un comique qui crie très fort, explique qu’en Italie tout le monde est corrompu, et qu’il n’y a que lui et ses électeurs qui sont des gens biens. Après avoir connu Andreotti, la mafia, le procès Craxi, les pots de vins généralisés des années 80, Berlusconi et compagnie, on comprend qu’ils soient énervés, mais quand même ils en font beaucoup. Racontez leur des histoires de Cahuzac, de Tapie, de Guéant. Qui sait ça peut les détendre...

Olivier Ravanello

Après des débuts au service international de LCI où il devient grand-reporter notamment au Proche et au Moyen-Orient, Olivier Ravanello remporte la 2e place du prix Bayeux pour son reportage La police israélienne face aux attentats-suicides. Deux mois de reportages dans l'Irak en guerre, la couverture de la réélection de George Bush Junior, son poste de correspondant permanent à Moscou pour TF1 et LCI et le prix de la presse diplomatique ont fait de lui un véritable expert en questions internationales. Depuis son arrivée à i>TELE en 2009, Olivier Ravanello est ainsi le spécialiste des questions internationales pour la chaîne. A la rentrée 2012, il présente plusieurs chroniques Le Monde en plus à 19h20 et Le Monde ne dort jamais à 23h15.

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