Le Monde selon Ravanello
  • C’est la démocratie que les terroristes ont attaqué à Tunis. L’attentat du musée du Bardo a un objectif : étouffer dans l’œuf la seule démocratie du monde arabe. Comme à Paris le 11 janvier, les chefs d’États et les ministres des affaires étrangères des pays libres doivent aller marcher à Tunis sur l’avenue Bourguiba derrière la banderole  "nous sommes le Bardo".

    Le pire n’est jamais atteint. Le pire pour les Tunisiens serait que d’autres attentats frappent encore leur pays. Mais le pire encore serait qu’eux et le monde arabe aient le sentiment qu’un attentat contre une démocratie arabe vaut moins qu’un attentat contre une démocratie européenne. À Paris, le 11 janvier, la plupart des chefs d’État venus dire non au terrorisme étaient occidentaux, dans une grande capitale occidentale. Le geste était noble, mais l’image pouvait être trompeuse. Malgré la présence de quelques ministres arabes, ceux qui continuent de croire que le monde est en train de plonger dans un choc de civilisation

    En lire plus »de Attaque du Bardo : messieurs les chefs d’États, il faut aller manifester à Tunis !
  • La victoire de Benyamin Netanyahou est éclatante. Parmi les trois explications que je retiens pour expliquer ce revirement, une va profondément changer la politique israélienne : le vote arabe.

    Pourquoi Netanyahou a-t-il gagné ? Déjà, faisons taire le concert des râleurs éclairés du café du commerce sur le thème "les sondages se sont encore plantés, ils sont vraiment nuls ces mecs-là". Pour la 100 000e fois depuis les premiers sondages électoraux dans les années 30, on rappellera un principe de base. Il s’agit de "déclaration d’intention de vote". La question posée est "pour qui avez-vous l’intention de voter ?". L’intention. Remémorez-vous tout ce que vous aviez l’intention de faire dans la semaine écoulée et que vous n’avez pas fait et vous réaliserez que les sondages ne sont qu’une indication.

    Ces projections explosent si la participation varie fortement. À la baisse ou à la hausse. En Israël, c’est ce qui s’est passé. Plus de 70% de participation ! Les abstentionnistes de droite se

    En lire plus »de Israël : la crispation anti-arabe
  • Le réalisateur Costa-Gavras, producteur du film 'Maintenant ils peuvent venir', de Salem Brahimi, qui évoque la montée de l'islamisme en Algérie, revient sur ses difficultés à trouver un distributeur pour diffuser un film nécessaire dans une France meurtrie par l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier.

     

    Retrouvez "Maintenant, les distributeurs peuvent venir", le coup de gueule d'Olivier Ravanello qui appelle les chaines de télévisions et les potentiels distributeurs à prendre leurs responsabilités pour soutenir et diffuser le film.

    En lire plus »de Costa-Gavras : "On refuse une oeuvre au public"
  • J’ai vu un film hier. 'Maintenant ils peuvent venir'. Projo équipe, sa première sortie au grand jour. Un film que l’on aurait qualifié de "nécessaire" il y a quelques années. Un film sur la montée de l’islamisme en Algérie, la bataille des laïcs et le sang versé. En ce moment, ça vous parle un peu non ? Et bien vous ne le verrez peut-être pas… Enfin sauf si un distributeur se décide à faire son boulot.

    26 décembre 1991. En France et en Algérie, on a la gueule de bois. En France parce qu’on a trop forcé sur le repas de Noël ; en Algérie parce qu’une vague islamiste vient de déferler sur le Parlement. Jusqu’à la nausée. Le Front Islamique du salut, le FIS, remporte 188 sièges sur 231, soit près de 82 %. Les élus portent fièrement la barbe des salafistes et promettent d’appliquer la charia. Assommé, le pouvoir annule tout, fait sortir les militaires dans les rues et ordonne la chasse. S’en suivront des années de guerre civile qui feront 200 000 morts, donneront naissance aux GIA, les

    En lire plus »de Maintenant, les distributeurs peuvent venir
  • L’offensive contre Boko Haram est lancée. 200 morts dès les premiers jours dans les rangs de ces soudars qui pillent au nom d’Allah faute de mieux. Les Tchadiens font le travail, pendant que le président de la République du Nigéria Goodluck Jonathan, le "président Goodluck" comme on l’appelle, regarde et pense à sa réélection. Le cynisme à l’état pur.

    Florence n’est plus dans Florence. Machiavel devait être Nigérian. C’est en tout cas ce que l’on se dit en voyant le président nigérian Goodluck Jonathan. Depuis 6 ans, Boko Haram a basculé dans la violence aveugle et barbare : 15 000 morts. Dans le dernier massacre de masse à Baga, 15 villages ont été passés au fil du rasoir. On parle de 2000 morts, pour l’essentiel des civils. Le nord est à feu et à sang. La pauvreté et le mépris des autorités centrales ont enfanté de la barbarie à l’état pur. On tue pour tuer. On égorge pour le plaisir. On viole par ennui. Pour prouver qu’on est un homme. Pour se défouler. Pour un butin. Un prestige.

     

    En lire plus »de Boko Haram : le cynisme de Goodluck Jonathan
  • Une semaine après les émeutes au stade du Dynamo de Kiev, on continue de lire des articles et des réactions saisies d’effroi. Le pire a été évité. Il faut des sanctions. Mais ce petit monde qui se regarde le nombril entend-t-il ce que l’on dit et écrit depuis des mois. L’Ukraine est en guerre. On a laissé jouer un match dans un pays en guerre. "Allo!" À croire que Nabilla dirige l’UEFA.

    "C’est du hooliganisme, ni plus ni moins, Guingamp a le meilleur public de France, ce sont des classements qui le disent, on n'a jamais vu ça", regrette Jean-Michel Le Houérou, responsable de la sécurité à l'En Avant de Guingamp dans une itv à France 3. "J'ai réalisé dans l'avion qu'on avait eu chaud", poursuit le dirigeant. Tu parles Charles. Voilà un dirigeant d’un club professionnel français qui doit recevoir la TNT et qui au lendemain d’émeutes avec des casseurs à Kiev continue de ne pas comprendre : "mais alors on a pourtant un super public". Comme si le problème était là. Si les dirigeants de nos

    En lire plus »de Émeutes à Kiev : sortez de votre bulle les footeux !
  • Ils sont 4 parlementaires français partis à Damas pour parler avec Bachar el-Assad et renouer le dialogue. Au nom du réalisme et pour faire en sorte que les "gens arrêtent de se massacrer". J’ai parlé avec Jacques Myard au téléphone depuis la Syrie. Il était dans le taxi qui le conduisait chez Assad.

    Il y a toujours eu chez les parlementaires français des gens qui vous expliquent que dans cette région du monde arabe, mieux vaut au fond un bon dictateur que d’essayer de trouver le chemin de la démocratie. En guise de chemin, c’est celui de Damas qu’ont pris 4 parlementaires français, membres du groupe d’amitié franco-syrien. "De leur propre chef", "sans la caution du gouvernement", précisent-ils. Il y a quand même un député PS, Gérard Bapt, qui devra expliquer à son président ce qu’il est allé faire dans cette aventure.

    Quand on interroge le membre de l'UMP Jacques Myard sur le problème qu’il peut y avoir à parler avec un dirigeant qui a sur les mains le sang de sa population, qui a

    En lire plus »de Syrie : "On ne va quand même pas parler qu'au Vatican" !
  • Il y a des hommes qui vous font sentir petit. Ou qui vous poussent à devenir plus grand. En tout cas, ils posent l’aune à laquelle un journaliste doit se mesurer. Eric Rouleau était de ceux-là.

    La première fois que je l’ai vu en 2003, je rentrais d’Irak, convaincu d’avoir couvert une de ces guerres qui font les hommes. On plastronnait "dans le métier, il y a les grands reporters et les petites rapporteuses". L’expression que je lui apprenais l’avait fait rire. Lui savait qu’il y a surtout ceux qui comprennent et ceux qui ne comprennent rien. D’un ton placide et amusé, "Rouleau", comme l’appelaient ses amis, avait cherché à savoir qui il avait en face de lui. Lui qui savait que les guerres sont les bégaiements sanglants d’une humanité qui perd la mémoire. Il se demandait peut-être simplement s’il devrait se coltiner ma présence à son mariage.10 ans plus tard, il était à sa table de travail, comme chaque matin, compilant les centaines de petits carnets noircis d’une écriture fine et

    En lire plus »de Mort d’un Oriental : le journaliste et ambassadeur Eric Rouleau est mort à l’âge de 88 ans
  • La mort est venue d’une fillette. La bombe qu’elle portait sur elle a tué cinq personnes ce dimanche dans le nord-est du Nigeria. Enième attentat dans cette région en proie aux violences du groupe islamiste Boko Haram dont le président nigérian a reconnu avoir sous-estimé la capacité de nuisance. On croit réver.

    Elle avait 7 ans. L’âge où l’on joue à se raconter des histoires de quand on sera grand. On regarde ces adultes qui impressionnent en se demandant ce que l’on gardera d’eux et ce que l’on leur laissera. Cette fillette au Nigeria n’a pas eu le temps de jouer, ni de grandir. Les grands de Boko Haram n’ont pas voulu. Contrairement à ce que l’on peut lire, elle n’a pas actionné la ceinture d’explosif qu’elle portait sur elle, comme peuvent le faire des kamikazes plus ou moins endoctrinés. Dans une conversation la semaine dernière, un proche du président du Niger Issoufou, engagé dans la guerre contre Boko Haram, m’expliquait ce qui est devenu le modus operandi de ces barbares.

        

    En lire plus »de Nigeria : Boko Haram transforme les enfants en porteurs de bombes
  • Les évidences sont parfois des amies dangereuses. Après la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, l’indignation est généralisée. À juste titre. Chacun imaginant la tombe d’un proche souillée aurait la nausée. Mais hier, sur i-Télé, un des responsables du consistoire juif de France voulait y voir "une remontée inquiétante de l’antisémitisme en France". Les fait récents prouvent pourtant le contraire.

    Vigilante à juste titre sur l’antisémitisme dans notre pays, l’Assemblée nationale demande régulièrement à des députés des rapports, des enquêtes sur des phénomènes de société pour ensuite préconiser des mesures législatives à prendre. Aujourd’hui, une même commission réfléchit sur l’islam en France et les moyens de l’intégrer sans ouvrir la porte à l’islamisme radical. La méthode est saine. Elle permet au passage que nos élus ne se basent pas que sur l’emballement médiatique pour se forger une opinion et légiférer.

    Il y a un peu plus de 3 ans, un rapport parlementaire se penchait

    En lire plus »de Profanation de cimetière juif : est-ce vraiment le signe d’une montée d’antisémitisme ?

Pagination

(204 articles)

Olivier Ravanello

Après des débuts au service international de LCI où il devient grand-reporter, Olivier Ravanello remporte la 2e place du prix Bayeux pour son reportage "La police israélienne face aux attentats-suicides". Deux mois de reportages dans l'Irak en guerre, la couverture de la réélection de George Bush Junior, son poste de correspondant permanent à Moscou et le prix de la presse diplomatique ont fait de lui un véritable expert en questions internationales. Arrivé sur la chaîne i-Télé en 2009, il présente plusieurs chroniques dont Le Monde en plus et Le Monde ne dort jamais. Il présente aujourd'hui une nouvelle émission diffusée tous les dimanche à 21h, "Vous président", dans laquelle il reçoit des conseillers diplomatiques et militaires pour une mise en situation politique.

Blogs