Le Monde selon Ravanello
  • Palmyre est tombée. Ce n’est pas la première fois de sa longue histoire, elle qui a vu passer Alexandre, Antoine et Saladin, et les forces françaises libres. Mais cette fois, on se demande si les djihadistes de Daesh la laisseront debout.

    Palmyre est aux mains des barbares. Devant eux s’étendent des colonnades prêtes pour leur triomphe. Un amphithéâtre, un marché, une école, des boutiques, les ruines d’une ville bâtie selon le modèle de la ville telle que nous la connaissons encore. Une ville phare du monde romain, d’où les tisserands envoyaient leurs étoffes jusqu’à Rome et Pompéi. Devant eux, les djihadistes ont l’emblème de cette culture gréco-romaine qui a jeté les fondements de notre civilisation, autour de cette mer commune, "mare nostrum". Cette méditerranée, qui fait que quelque chose nous parle toujours lorsque l’on est en Syrie, en Grèce, en Tunisie, à Rome, à Grenade, à Alès, à Nîmes ou à Aix. Quelque chose qui résonne. Les restes de mare nostrum. Ce bout de nous tous est

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  • Pas de quotas. La France a déjà fait beaucoup d’efforts pour accueillir les demandeurs d’asile. Manuel Valls ne veut pas du système proposé par la Commission européenne. Il va falloir clarifier ses intentions.

    Non. La France ne veut pas d’un système de quotas européen pour répartir l’effort d’accueil des migrants demandant l’asile au titre de refugiés. "Nous avons déjà fait beaucoup", dit le Premier ministre, "5000 réfugiés syriens,  4 500 irakiens". La Turquie, qui a absorbé plus de 120 000 refugiés, doit se pincer mais passons. La question n’est pas là. Ce que veut pas la France, c'est du principe même de l’effort imposé. Voilà le gouvernement face à ses contradictions. Entre les grands discours sur le coup de l’émotion et les petits comptes de boutiquier de la générosité, il va falloir choisir. Lors du dernier sommet européen, qui s’est encore soldé par un fiasco, Matteo Renzi, le Premier ministre italien, poussait un coup de gueule et appelait les autres à plus de solidarité.

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  • François Hollande est à Cuba. Il est le premier président de la République française à se rendre en visite officielle sur l’ile. Et après ?

    C’est un voyage historique ! La presse fait ses gros titres et disserte sur ce président qui, dans les pas de Barack Obama, accompagne l’ouverture de l’ile. En cyclisme, on dirait "sucer la roue". L’Elysée, jusque-là, nous avait habitués à plus de caractère. Historique ce voyage l’est, au sens premier du terme. Ça n’avait jamais été fait dans l’histoire de la présidence française. Dont acte. Longtemps bercée par le mythe de la belle révolution et du communisme à visage humain, la gauche regarde ce voyage avec une pointe de tendresse.

                                                   Hollande à Cuba comme à un pélerinage

    Même s’il ne fait pas partie de cette famille politique qui avait le poster du Che épinglé dans sa chambre, Hollande va à Cuba comme en pèlerinage. La délégation qui le suit ouvre de grands yeux, ne rate rien de cette visite au pays

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  • Laurent Stefanini, le chef du protocole de l’ElyséeLaurent Stefanini, le chef du protocole de l’Elysée

    Il s’appelle Laurent Stefanini. Diplomate de carrière, il est en ce moment chef du protocole de l’Elysée. C'est lui qui a la main haute sur cet art délicat qu’on appelle le protocole, ou comment faire de la diplomatie avec les codes de la politesse. Cela peut paraitre suranné. C’est au contraire fondamental et ceux qui s'en affranchissent s'en mordent toujours les doigts.

    L'affaire qui nous intéresse est tout autre. A l’heure qu’il est, Laurent Stefanini devrait être en train de s’occuper de son déménagement pour Rome, réalisant son rêve ; représenter la France auprès du Saint Siège. Rome, Laurent Stefanini connait. Il a été durant 4 ans numéro 2 de l'ambassade de France auprès du Vatican. Catholique pratiquant, célibataire, homme d’une culture impressionnante, il trouve là un terrain idéal mêlant son métier et ses croyances. Il laisse de son passage un excellent souvenir à Rome. A Paris, les diplomates qui ont pu « le lire » comme on dit au quai d'Orsay, lire ses notes, ses

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    Un jeune israélien habitant dans l'enclave juive de Tel Romeida à Hébron, regarde passer un char de Tsahal dans une rue qui longe l'enclave.Un jeune israélien habitant dans l'enclave juive de Tel Romeida à Hébron, regarde passer un char de Tsahal dans une rue qui longe l'enclave.

     

    De « Bordure protectrice », offensive terrestre et aérienne sur Gaza, on peut retenir le bilan, chiffré et distant. 2 100 Palestiniens tués, 10 000 blessés aux trois quarts civils et 66 soldats israéliens tués. 32 tunnels construits par le Hamas pour mener des attaques en territoires israéliens détruits.

     Durant toutes ces semaines, le service de communication de Tsahal a multiplié sur les réseaux sociaux les vidéos, les communiqués, les animations graphiques pour montrer à quel point les tirs étaient réfléchis, les cibles reconnues par drones de manière à éviter les victimes civiles. On est resté saisi ; qu’en aurait-il été sans cela…

    Les récits de soldats aux premières lignes jettent une lumière plus crue, moins technologique sur l’opération. On y lit ces « boom boom boom », bombardements massifs pendant deux heures avant que les fantassins n’entrent. Ces pelleteuses blindées D-9 qui ratissent tout, « stérilisent » une zone ne laissant qu’un champ de ruines pour éviter que les

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    J’avais un sentiment étrange en regardant l’interview de Bachar el-Assad par David Pujadas mardi soir. Non pas qu’elle soit complaisante, au contraire elle était précise, nette et rigoureuse. Exactement ce que l’on attend de cet exercice. Je me suis simplement dit que le seul qui sort à son avantage de ce face à face, c‘est le salaud.

    Soyons clair. David Pujadas est un copain que j’estime. Je l’ai connu il y a plus de 15 ans à LCI, j ‘ai travaillé et beaucoup appris à son contact. Rigueur. Travail. Exigence. Je prétends malgré les critiques idiotes qu’il subit ça et là qu’il fait partie des grands journalistes de ce pays. Comme son rival du soir d’ailleurs, ce qui prouve que nos JT de semaine sont menés par des gens solides.

    Mais le propos n’est pas là. Il tient à l’exercice même. Celui d’interviewer un président qui a basculé dans la catégorie "criminel de guerre". Après avoir regardé l’interview, je me suis dit que définitivement, dans ce genre d’exercice, le criminel gagne toujours

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  • La politique est un art difficile. Souvent, il n’y a pas de bon choix. Il n’y a que des choix moins mauvais que les autres. Le problème, c’est d’avoir le courage de le dire. En l’occurrence, les membres de l’UE gèrent le drame des naufragés de méditerranée en technicien, comme des gardiens de cimetières.

    L’Union européenne fonctionne selon une philosophie libérale, plus ou moins corrigée par des politiques publiques. Nous en avons sous les yeux une illustration. Prenons la question des moyens. Après le drame de Lampedusa, le gouvernement italien avait déclenché un plan d’urgence, le plan Mare Nostrum. 110 millions d’euros en un an. Plus de gardes côtes, plus de bateaux pour sillonner les eaux et récupérer les naufragés. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées. 170 000 personnes rescapées.

    Un an plus tard, l’Union européenne prend le relais. À 28, le budget de Mare Nostrum va-t-il être décuplé ? Pas du tout. Au contraire. L’analyse qui est faite c’est que plus de moyens en mer

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  • Hillary Clinton a officialisé son entrée en lice dans la course à la Maison blanche. Annonce faite via un clip qui résume beaucoup de choses, et surtout sa propre perception d’elle-même, une femme qui a un truc à faire dans les 18 mois à venir : être présidente de la plus grande puissance de la planète. On ne vit pas dans le même monde...

    Le réveil sonne. Robin secoue Batman : "Allez debout ! Il faut qu’on aille sauver le monde". Certains jours, c’est dur le métier de super-héros. Pour Hillary Clinton, c’est un peu pareil. Autour d’elle, il y a des millions d’Américains qui ont un truc important à faire, mais elle aussi les gars elle a un truc à faire : juste devenir présidente.

    Forcément, on ne vit pas dans le même monde. Entre ceux qui se préparent à avoir un enfant, à se marier, à commencer un nouveau job de manutentionnaire, à la retraite, et Hillary qui avec un grand sourire faussement naïf explique qu'elle se prépare à être présidente, il y a un gap. La carte de la proximité est

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  • La France a reçu en visite d’État le président tunisien. Jeune élu de 88 ans qui semble encore coincé à l’époque Bourguiba et qui adore mettre le bazar quand il peut. Pas facile…

    À l’Élysée, on a sorti le grand jeu. Une "visite d'État", le niveau protocolaire le plus élevé. Celui où on descend les marches pour accueillir son visiteur, qu'aurait parodié Coluche, et c’est vrai. Le protocole, c’est la manière de dire l’estime que l’on a des autres quand on est président. Et en l’occurrence, la France aime beaucoup la Tunisie.

    Les avions de chasse français sont donc allés à la rencontre de l'avion présidentiel tunisien pour l'escorter jusqu’à Paris. Au programme, accueil aux Invalides par François Hollande (mieux que descendre les marches, il a carrément traversé la Seine), réunion de travail, discours au Sénat, dîner d'État au palais avec robe longue et smoking. La totale.

    Ce n'est rien de dire que l'Élysée a arrondi les angles avec un président tunisien qui a tendance à se prendre pour

    En lire plus »de Tunisie : Caïd Essebsi, visite d’un président susceptible
  • En novembre 2013, Laurent Fabius avait déjà surpris tout le monde, refusant au nom de la France de signer un accord sur le nucléaire avec l’Iran. Le texte n’était pas assez robuste aux yeux du ministre des Affaires étrangères. Robuste à quoi ? A la duplicité iranienne, que Fabius a déjà pu expérimenter et dont il s’est méfié jusqu’au bout.

    "Chat échaudé craint l’eau froide" dit le proverbe. Il vaut aussi pour la diplomatie. Depuis son arrivée au quai d’Orsay, Laurent Fabius montre sur le dossier du nucléaire iranien une intransigeance à toute épreuve. Plus encore que les Américains, pourtant peu soupçonnables de laxisme avec Téhéran. Pour comprendre cette raideur, il faut évidemment avoir en tête les enjeux : la capacité de l’Iran à avoir la bombe atomique. Quand on sait que par le passé certains de ses dirigeants n’ont pas caché leur volonté de détruire Israël et que l’on voit monter le bras de fer entre monde chiite et sunnite, avoir ou ne pas avoir la bombe changerait la face du

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Olivier Ravanello

Après des débuts au service international de LCI où il devient grand-reporter, Olivier Ravanello remporte la 2e place du prix Bayeux pour son reportage "La police israélienne face aux attentats-suicides". Deux mois de reportages dans l'Irak en guerre, la couverture de la réélection de George Bush Junior, son poste de correspondant permanent à Moscou et le prix de la presse diplomatique ont fait de lui un véritable expert en questions internationales. Arrivé sur la chaîne i-Télé en 2009, il présente plusieurs chroniques dont Le Monde en plus et Le Monde ne dort jamais. Il présente aujourd'hui une nouvelle émission diffusée tous les dimanche à 21h, "Vous président", dans laquelle il reçoit des conseillers diplomatiques et militaires pour une mise en situation politique.

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