Bérénice Béjo : Comment elle est en vrai !

Festival de Cannes

L'actrice césarisée pour son rôle muet dans  The Artist a retrouvé sa voix et ouvre mercredi sur Canal+ le 65e festival de Cannes, avant de revenir le clôturer le 27 mai.

Les photos de l'ouverture de Cannes 2012


Vernis rouge sur les ongles, yeux de biche, petite robe noire élégante mais simple, Bérénice Béjo nous accueille avec le sourire, quelques heures seulement avant la cérémonie d'ouverture du 65e festival de Cannes. L'occasion d'évoquer avec elle le chemin parcouru en un an, depuis le triomphe de The Artist lors de la précédente édition. Les Oscars, un César de la meilleure actrice, des Unes de magazines à n'en plus finir, la belle n'a pas chômé et reçoit aujourd'hui des propositions de films à la pelle. Bankable Bérénice ? " Je ne sais pas mais j'ai par contre  lu dans Le Figaro que je faisais partie des 50 personnalités influentes du cinéma français… Et ça, c'est très drôle."

Bérénice ne se prend effectivement pas au sérieux.
Elle craint les bourdes sur la scène du Palais des festivals, avoue ne pas comprendre ce qui lui arrive depuis un an et  plaisante sur ses initiales communes avec Brigitte Bardot: "C'est la seule chose qui nous rapproche. Moi, je ne suis pas un sex-symbol. D'ailleurs, si je posais en maillot de bain, genre pin up sur la plage comme elle à l'époque, ce serait ringard et totalement ridicule." Et Bérénice d'ajouter qu'elle est "classique, pudique " et qu'elle "n'aime pas jouer avec son image". On la croit sur parole tant sa gentillesse et son naturel ne font aucun doute.

Mais attention, gentille ne veut pas dire bonne poire.
Et quand on envahit son cercle intime, Bérénice sort (poliment) les griffes: "Le public est bienveillant mais parfois mon tempérament argentin prend le dessus et je suis un peu "raide." Quand je suis au cinéma en train de boutonner le blouson de mon fils et que quelqu'un vient me voir dans la queue pour me demander une photo, je refuse. C'est ma famille, mon moment, je n'ai pas envie. J'essaie de me préserver... mais avec le sourire. Apprendre à gérer ces intrusions dans votre espace personnel demande du temps." Heureusement, son mari, le réalisateur Michel Hazanavicius qui veille au grain non loin de là en sirotant un café, est un pro en la matière : "Il est gentil avec tout le monde, fait les photos, signe les autographes. Mais je crois que c'est lié au fait qu'une actrice, contrairement à un réalisateur, donne toujours de sa personne. Mon travail, c'est faire des films, des photos, être devant un objectif: je me montre constamment. Donc, dans la vie de tous les jours, j'ai envie qu'on me laisse tranquille. Lui est derrière la caméra, dans son bureau, caché. Donc quand les fans viennent le voir, il est hyper content qu'on l'ait reconnu. Moi, j'ai plus ce côté: "Je suis off, laissez-moi 5 minutes pour moi s'il vous plaît".

Impossible de prendre cette réaction comme de l'ingratitude, du snobisme ou du mépris. Professionnelle jusqu'au bout des ongles, Bérénice répond à tous les journalistes avec la même humilité, la même gentillesse et la même franchise malgré le flot de questions répétitives. N'hésitant pas à avouer, en dépit de son statut officiel de maîtresse de cérémonie, qu'elle ne suit jamais l'actu Cannoise quand elle n'y est pas … parce qu'elle n'a pas la télé et que, contrairement à ce que les festivaliers croient, Cannes n'est pas le centre du monde pour qui n'y met pas les pieds!

Voir également : Cannes 2012, le tapis rouge de l'ouverture