Etienne Daho, le grand frère cool de la pop française

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Etienne Daho


Etienne Daho revient dans les bacs avec son treizième album, Les Chansons de l'innocence retrouvée. Après plus de trente ans de carrière, le chanteur révélé dans les années 80 témoigne d'une longévité que peu de ses contemporains électro-pop des eighties ont connu. Au point qu'un certain nombre de représentants de la nouvelle génération ne se cache pas de revendiquer son influence sur leur musique.

Le nom d'Etienne Daho aujourd'hui s'est quelque peu nimbé d'une sorte d'aura pour devenir l'un des quinquas les plus cools de la chanson française. Trois décennies de carrière et treize albums après ses débuts sur la scène rennaise à l'aube des années 1980, le chanteur d'origine algérienne est toujours là avec ses neuf disques d'or et ses cinq de platine. Sa dernière véritable création studio (Le Condamné à mort était un enregistrement en duo avec Jeanne Moreau d'un poème de Jean Genet), L'Invitation avait même raflé la Victoire de la Musique de l'album pop-rock en 2007, la première récompense de l'artiste dans cette cérémonie qui l'aura toujours cité mais jamais consacré avec treize nominations infructueuses. Sans oublier sa participation remarquée au succès populaire que fut le film de Rémi Bezançon Le premier jour du reste de ta vie.

Au-delà de cette longévité remarquable, Étienne Daho est aussi devenu une figure paternelle de la pop française, ou en tout cas un modèle pour ses contemporains. Et le lui a par exemple fait savoir avec Tombés pour Daho, une compilation sortie en 2008 sur laquelle ont posé leur voix amis et disciples : Benjamin Biolay, Sébastien Tellier, JP Nataf ou encore les regrettés Jacno et Daniel Darc. Une liste de collaborateurs plutôt pointus qui revêtait des allures d'adoubement de la crème de la pop française. Et l'album Les Chansons de l'innoncence retrouvée annonce la participation de ni plus ni moins que l'ex-Blondie Debbie Harry, Dominique A ou encore Nile Rodgers, incontournable depuis sa présence aux manettes du Random Access Memories des Daft Punk. Des noms ronflants comme autant de preuves que le nom d'Etienne Daho est aujourd'hui synonyme de hype.
Voir le clip des Chansons De L'Innocence

La jeune génération aime Daho, et on ne compte plus les petits nouveaux qui revendiquent son influence sur leur musique. Lorsque le public découvre "La Forêt" de Lescop, les comparatifs fusent rapidement : Ian Curtis pour la gestuelle et Daho pour la musicalité. Ce que ce dernier ne niait pas en interview, déclarant de lui : “Daho a tracé sa voie pop avec intégrité, courage et détermination”. Tour à tour, le nom de ce dernier sera associé au son d'artistes comme Aline, La Femme, Granville ou Lafayette. Les premiers se sont même attaché les services de Jean-Louis Piérot, ami et ancien musicien d'Etienne Daho. Autant d'artistes élevés au son de la génération des Taxi Girl et autres Marquis de Sade, dont Daho est aujourd'hui la figure tutélaire. Et dès qu'un petit nouveau a le goût d'habiller sa musique de synthpop, la figure modèle de Daho surgit comme un réflexe pavlovien.

Mais qu'est-ce qui explique aujourd'hui un tel engouement autour de Daho? L'évolution de sa musique sans doute, des synthés froids des années 80 à la pop plus langoureuse des dernières années, mais aussi également par la rareté du garçon, peu loquace et encore moins avide des plateaux télé. Une forme de mystère qui s'accorde à une personnalité discrète et finalement assez énigmatique, qui correspond parfaitement à sa musique. Un artiste populaire mais pointu, qui aujourd'hui fait partie du cercle restreint des chanteurs capables de fédérer dans l'unanimité critique et public. Nul doute que Les chansons de l'innocence retrouvée sera un succès sur les deux tableaux. Le mythe Daho, lui, ne risque pas de disparaître de sitôt.