Elle porte plainte parce que Drive n’est pas Fast and Furious !

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Comme tout spectateur qui se respecte, vous avez probablement déjà été induit en erreur par une bande-annonce, voire même carrément trompé sur la marchandise.

Si l'on mélange ce risque inhérent à toute escapade dans les salles obscures, la dérive procédurière des États-Unis, et une certaine paresse intellectuelle, on obtient un cocktail détonnant. C'est ce qu'ont découvert les responsables de FilmDistrict, distributeur américain qui a eu le flair d'ajouter le meilleur film d'action qu'on ait vu depuis très longtemps à leur catalogue : Drive.

Ce polar urbain stylisé à l'extrême est sur les écrans américains et français depuis peu, et fait (à juste titre) sensation. Si le réalisateur (Nicolas Winding Refn) a été honoré du prix de la mise en scène lors du dernier festival de Cannes, ce sont surtout les deux extraits révélés par le distributeur ainsi que l'alléchante bande-annonce qui ont chauffé le public à blanc. Devant ce trailer excitant et nerveux, qui, s'il révèle un peu trop le scénario, permet d'apprécier la virtuosité du découpage et de l'interprète Ryan Gosling, on serait tenté de dire que les petits gars de FilmDistrict ont très bien fait leur boulot. Hélas ! Ce n'est pas du tout l'avis de Sarah Deming.

Sarah est une habitante du Michigan, qui est allée voir Drive après en avoir découvert la bande-annonce, et qui est sortie du film révoltée, à tel point qu'elle a décidé de traîner en justice la société de distribution. Voici l'intitulé de sa plainte :

« Les distributeurs ont promu le film Drive, comme très proche de Fast and Furious, ou d'autres oeuvres similaires. Drive n'entretient que très peu de similitudes avec un film de poursuites, d'action, on n'y conduit que très peu. »

On pourrait lui objecter que la comparaison des deux trailers montre très bien leurs différences, toutefois la plainte ne s'arrête pas ici, car non contente d'avoir été surprise par un film (sic), madame Deming manque visiblement de clairvoyance...

« Drive est un long-métrage qui contient en son sein un racisme extrême, diffamatoire, déshumanisant et gratuit à l'encontre des membres de la foi Juive, et par là même encourage la violence criminelle contre les Juifs. »

Autant le dire tout de suite, cette dernière accusation est totalement ridicule. Drive contient bien un personnage juif, l'un des nombreux méchants du film, qui ne mentionnera sa religion que lors d'une unique réplique, sans que celle-ci ait la moindre influence ni sur son caractère, ni sur la conduite du récit. On se demande d'ailleurs pourquoi les autres origines mentionnées dans le film (italiennes, hispaniques) n'ont pas choquée cette brave madame Deming.

La plaignante ayant fait savoir qu'elle envisageait une class action (type de plainte qui permet aux U.S.A à plusieurs plaignants de se rassembler pour attaquer une société pour un même grief), on est curieux de voir si cette oeuvre qui aura provoqué un engouement exceptionnel a "choqué" d'autres spectateurs. Avis aux réalisateurs en herbe, s'il y a des voitures dans votre film et que ce n'est pas un Fast and Furious, vous pourriez bien vous retrouver au tribunal !