Ravi Shankar, la star du sitar n’est plus

Ravi ShankarLa première fois qu'on a véritablement entendu parler de lui, nous autres fans de rock et de pop, c'était à l'été 1969. Accroupi sur la scène du festival de Woodstock, un musicien rayonnant au profil d'aigle maniait un étrange instrument aux sonorités aigrelettes. En l'espace d'un quart d'heure,  Ravi Shankar était devenu une star. Et la musique indienne (raga du soir, espoir) la bande son idéale pour hippies dodelinant du cigare.

Certes, on avait déjà entendu le son du sitar le soir, notamment via  Brian Jones dans le "Paint it black" des Stones, et George Harrison dans le "Norwegian wood" des Beatles. Mais, pour beaucoup d'oreilles occidentales, tout cela demeurait vaguement exotique, façon mantra sympa pour gentils babas. Même si des musiciens "sérieux" comme John Coltrane, Philip Glass ou Yehudi Menuhin s'étaient déclaré profondément impressionnés par la virtuosité et le lyrisme du maître du sitar.

George Harrison, élève de Shankar, fut pour beaucoup dans la popularisation de sa musique en occident, aussi bien à travers quelques compositions "indouïsantes"  pour les Beatles ("Blue Jay Way", "Within you without you") qu'en organisant  le concert caritatif pour le Bangla Desh, avec son ami et mentor en vedette. Plus tard, il produisit même pour lui l'album "Chants of India".

Père de la chanteuse Norah Jones et de la musicienne Anoushka Shankar, Ravi le maestro s'était toujours déclaré embarrassé par sa popularité de pop star, préférant le rôle plus humble d'ambassadeur de la musique indienne. Il est décédé le 11 décembre dernier à San Diego, à l'âge de 92 ans. On nous a ravi la plus grande star du sitar.