Le phénomène Bernhoft : le loop à la loupe !

Ça plane pour lui. Bernhoft, l'homme orchestre norvégien, est devenu en quelques mois la coqueluche des médias et du grand public, une sorte d'attraction entre showbiz et cirque, musique, acrobatie et prestidigitation. Seul sur scène, l'homme (au physique évoquant un croisement entre Buddy Holly et Dick Annegarn) jongle avec une batterie de pédales d'effet, superposant diverses couches sonores, voix ou guitare, jusqu'à modeler de véritables chansons aux arrangements complexes et souvent spectaculaires. L'autre soir à la Cigale parisienne, il a fait un véritable triomphe, rejoint au final par un Mathieu Chédid électrisé, pour un blues improvisé.

Bernhoft et M : "Down the road"


Bernhoft  : "C'mon Talk"


Cette version moderne du "tambourine man" de jadis a été rendue possible grâce à une diabolique invention désormais à la portée de tous les musiciens : la pédale loop. Une petite boîte électronique qui, comme son nom anglais l'indique, permet de créer en direct des boucles de sons, de les empiler et de les jouer à volonté. Chez nous, des artistes comme Fred, Anaïs, Arman Méliès et, justement, M, ont depuis longtemps popularisé le procédé.

Mais l'un des pionniers du genre, deux décennies avant l'invention de la pédale loop, demeure le guitariste et compositeur britannique Robert Fripp. L'ex leader du groupe King Crimson avait en effet mis au point un système de magnétophones qui traitaient le son en direct, enregistrant puis effaçant des pistes de guitare à l'infini. Un prototype plutôt expérimental mais qui, à l'époque, sous le nom de Frippertronics, avait passionné des tas de musiciens dont l'insatiable chercheur Eno.

Robert Fripp : "Frippertronics"



Notre ami Bernhoft, si talentueux qu'il soit, est loin d'être le seul à user et parfois abuser du procédé qui consiste à sonner comme un orchestre à soi tout seul. Aujourd'hui, il existe même une douzaine de festivals à travers le monde, uniquement consacrés à la pratique du loop, ainsi qu'un site spécialisé (www.loopers-delight.com).

Le genre a ses stars aussi, de Björk à  Joseph Arthur, et s'est étendu à tous les styles, pop, rock, électro, hip hop et même musique de chambre. Ci-dessous, découvrez une sélection des meilleurs "loopers live" de la planète. Un exercice gratifiant, à condition de ne pas se louper…

Ed Sheeran : "You need me, I don't need you"


Reggie Watts : "I just want to"

Dub FX : "Set on my trip"

KT Tunstall : "Black Horse"

Andrew Bird : "Imitosis"