Des stars aux enchères, à quoi ça sert ?

un manuscrit chou...Une carte de crédit coupée en deux, une mallette en cuir, des photos, des télégrammes, une liste de commissions…  Non, ce n'est pas un inventaire à la Prévert mais quelques uns des objets qui seront mis aux enchères jeudi, à l'hôtel des ventes Talma, à Nantes. L'intérêt de cet anodin bric à brac ? Tous ces vestiges ont appartenu à Serge Gainsbourg. Plus sérieux, au cours de la même vente seront proposé quelques manuscrits, dont celui  de "L'homme à tête de chou", l'un des chefs d'œuvres du grand Serge, estimé entre 5000 et 8000 euros (le manuscrit, pas le chef d'œuvre).

Le même Gainsbourg avait déjà été l'attraction  d'une vente aux enchères, l'an dernier, au cours de laquelle  les originaux de "Sorry Angel" et "Love on the beat" s'étaient écoulés à plus de 60 000 euros… ainsi qu'un billet de cinq cents balles déchiré (non, pas celui cramé à la télé), adjugé pour la modique somme de 2500 euros.

Mais qu'est ce qui pousse fans, collectionneurs et autres polymorphes amateurs à dépenser ainsi des fortunes pour acquérir ce genre de trophées plus ou moins historiques ? Car le marché des "objets ayant appartenu à des stars" ne connaît pas la crise. Les sites spécialisés dans le genre fleurissent, comme le bien nommé gottahaverockandroll.com (sic), basé à New York, et qui propose chaque été à la vente diverses glorieuses bricoles showbizz, qui vont de la veste de John Lennon époque "Rubber Soul" à l'enregistrement de messages érotiques laissés par Madonna sur le répondeur d'un de ses petits amis.

En flânant sur des sites de ventes d'occasion plus familiers, on peut également dénicher des merveilles, comme cet autographe d'Elvis Presley à son opticien, évalué 3950 dollars, qui a traîné longtemps sur eBay. Un Elvis qui trône en tête de ce genre de marché, avec un nombre incalculable de fringues plus ou moins authentiques, sans compter les affiches, disques d'or, dédicaces et autres brimborions  censés avoir appartenu à sa Binaire Majesté. Juste après, viennent les Beatles, dont les photos dédicacées s'arrachent à des prix qui feraient hurler de jalousie le moindre joailler de la place Vendôme.

La règle est bien connue : un artiste mort vaut beaucoup plus cher qu'un artiste vivant. 1,3 million d'euros le blouson...Ainsi, les Stones, Elton John ou notre Eddy Mitchell ont-ils connu de relatifs bides lors de récentes ventes aux enchères de divers fourbis personnels. L'incontestable champion défunt du genre reste Michael Jackson, dont le blouson porté lors du tournage du clip de "Thriller" a atteint la somme astronomique d'1,3 millions d'euros en décembre 2011. Au cours de la même vente, on a également proposé la table de chevet sur laquelle il empilait ses médicaments, le tapis sur lequel les pompiers ont tenté de le ranimer… mais pas son lit, faut pas exagérer.

Dans le même registre, pour les amateurs de chiffres exotiques, citons en vrac une mèche de cheveux d'Elvis (12 000 euros), une guitare calcinée d'Hendrix (237 000 euros), une robe d'Amy Winehouse (50 000 euros) ou une lunette des WC de John Lennon (9500 livres, j'ai la flemme de convertir en euros). Bien entendu, ce genre de transactions certifiées authentiques se fait via d'honorables et réputées salles des ventes, comme Christie's ou Sotheby's.

Rien à voir avec les annonces sur le net qui proposent des médiators  d'Eric Clapton ou des chewing-gums mâchés par Johnny. Récemment, j'y ai déniché l'annonce d'un fan qui vend une serviette utilisée par les B B Brunes lors d'un concert. Le prix est à débattre. Avis aux amateurs.