BLOG. Fukushima : Envoyez fiancée ! (49)

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Cet article a initialement été publié sur le blog de Dominique Leglu le 11 mars 2012.

11 mars 2012.

Comment partager la souffrance, un an après ?

Il y a la façon rationnelle, qui consiste à informer, donner des chiffres (lire à ce sujet le dernier n° de Sciences et Avenir -"Fukushima, la difficile décontamination" et sur le site

)

se battre pour obtenir des mesures (la base de toute analyse scientifique). C’est exiger des réponses à des questions parfois sans réponse exacte possible : combien y aura-t-il de malades à cause de la radioactivité ? quand les évacués pourront-ils tous réintégrer leur maison ? n’y a-t-il pas eu de morts dans la centrale ? Vendredi 9, vous avez été nombreux à poser pareilles questions lors d’un tchat -où, parfois, l’honnêteté consiste à dire « je ne sais pas ». Partager la souffrance, c’est admettre, pour le journaliste, qu’il ne sait pas.

Comment partager la souffrance, un an après ?

Il y a la façon poétique, ramassée dans l’un des haikus de Natsuishi Banya : « Archipel des séismes et des tsunamis, centrales et cerisiers en fleurs ». Ou ces autres : « Sur l’herbe à peine germée le généreux baptême du plutonium » ; « Lait tout juste tiré répandu dans les champs fumée du réacteur ».

On peut les lire dans les dernières pages du livre « L’archipel des séismes. Ecrits du Japon après le 11 mars 2011 », publié sous la direction de Corinne Quentin et Cécile Sokai, chez Picquier Poche (9euros). Les bénéfices de la vente de l’ouvrage sont reversés aux sinistrés du Tôhoku.

Les bénéfices que vous tirerez, vous, de la lecture ? Ils sont non quantifiables. Plus d’une vingtaine d’auteurs ont contribué à cet ouvrage, des essayistes, romanciers, journalistes, photographe (un petit cahier photo sur Rikuzentakata, avec l’interrogation sur ce que peut être une « bonne photo » d’une pareille tragédie)… Leurs textes ont été écrits parfois quelques jours seulement après le séisme, tsunami et débuts de la catastrophe de Fukushima, parfois plusieurs mois après. Certains grondent de colère, comme celui du romancier Hosaka Kasush[...]

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