Blocage sur le pass vaccinal à l'Assemblée: la majorité fustige "l'amicale des irresponsables"

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POLITIQUE - Si certains en doutaient, la trêve des confiseurs est bien terminée. Les oppositions ont refusé, lundi 3 janvier au soir, de continuer à examiner le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal jusqu’au bout de la nuit.

Une suspension-surprise, saluée bruyamment sur les bancs des Républicains ou de la France insoumise, qui va vraisemblablement faire dérailler le calendrier d’adoption définitif du texte par le parlement prévu initialement pour la fin de la semaine. De quoi réjouir les députés farouchement opposés à la stratégie du gouvernement, à l’image de Jean-Luc Mélenchon ou Julien Aubert... Et faire fulminer la majorité, piégée par des élus coalisés.

Sur les réseaux sociaux ou dans les médias, nombreux sont les poids lourds de la macronie à fustiger “l’irresponsabilité” des oppositions, des Républicains en particulier.

Pour Attal, les oppositions “ont réussi” leur “coup”

Pour Gabriel Attal, “on a vu hier soir une forme d’amicale de l’irresponsabilité se constituer avec les députés de La France insoumise, du Rassemblement national et les députés LR.” Le but? “Faire un coup de procédure pour essayer de faire dérailler le calendrier de l’adoption du pass vaccinal”, s’est plaint le porte-parole du gouvernement ce mardi 4 janvier sur France Inter,

Mais si les oppositions “manifestement ont réussi” leur “coup”, ”évidemment on ira au bout de l’examen de ce texte et on visera le calendrier qui était prévu”, a-t-il encore expliqué, en promettant de “tout faire pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu”. Le gouvernement visait jusque-là une entrée en vigueur au 15 janvier.

Mêmes mots, ou presque, pour Christophe Castaner. “Certains font de l’irresponsabilité le ciment de leur alliance de circonstance”, a ainsi fustigé le patron des députés LREM à l’Assemblée sur les réseaux sociaux, quelques minutes après avoir été mis en échec au Palais Bourbon. Sa collègue, Aurore Bergé, dénonçait quant à elle “une petite alliance de circonstance bien médiocre” ou “indigne”, “au regard des enjeux”.

Les Républicains visés

Dans ce concert de critiques, Les Républicains semblent être plus particulièrement visés par les ténors de la majorité. Gabriel Attal, qui juge “assez choquante” la joie exprimée par les députés récalcitrants, estime ainsi que l’attitude de certains députés LR “vise à masquer ce qui semble être manifestement des grandes turbulences en interne sur le pass”.

“On a entendu Éric Ciotti, Valérie Pécresse, dire dans les médias qu’ils soutenaient le pass vaccinal”, et lundi soir dans l’hémicycle, “on a vu les députés LR et Aurélien Pradié, le porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse, voter contre le pass vaccinal. Donc on se demande qui il faut croire”, a ainsi relevé le porte-parole du gouvernement, appelant la candidate de la droite à “clarifier sa position”.

Invitée de BFMTV ce mardi, la ministre de la Transformation et de la Fonction publique Amélie de Montchalin a, elle aussi, dénoncé “la duplicité” et “l’irresponsabilité” des élus en question. “Soit madame Pécresse ne tient pas ses troupes, soit cela s’appelle de la duplicité”, a-t-elle ainsi clamé, ajoutant: “vous avez un gouvernement qui assume, qui a les mains dans le cambouis (...) et vous avez en face une opposition qui est prête à toutes les outrances, rassemblée pour une seule chose, c’est avoir le pouvoir.”

Dans ce contexte, l’opposition accuse pour sa part la majorité d’amateurisme, arguant qu’elle n’a pas réussi à rassembler ses troupes pour prolonger les discussions jusqu’au bout de la nuit.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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