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Blinken retourne au Moyen-Orient en vue d'un accord sur Gaza

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprimant lors d'une conférence de presse à Washington le 29 janvier 2024 (Mandel NGAN)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprimant lors d'une conférence de presse à Washington le 29 janvier 2024 (Mandel NGAN)

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est parti dimanche pour le Moyen-Orient dans l'espoir d'y faire avancer les tractations sur une nouvelle trêve entre Israël et le Hamas à Gaza en échange d'une libération des otages israéliens.

Ce cinquième déplacement dans la région depuis le début du conflit le 7 octobre intervient dans un contexte de tensions exacerbées par les frappes américaines visant des groupes pro-iraniens en Irak et en Syrie, ainsi que contre les Houthis au Yémen.

M. Blinken doit notamment se rendre en Arabie saoudite, au Qatar, en Egypte, en Israël et en Cisjordanie occupée.

Tout en disant continuer à soutenir "le droit d'Israël à se défendre", les Etats-Unis affichent une frustration croissante envers le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu dont certains membres critiquent ouvertement le président américain Joe Biden, à l'image du ministre d'extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

Washington a aussi pris de rares sanctions contre des colons extrémistes accusés de violences à l'encontre de Palestiniens en Cisjordanie, territoire occupé par Israël et où, selon le président Biden, la situation est "intolérable".

Les négociations se poursuivent pour parvenir à une seconde trêve, plus longue que celle d'une semaine qui avait permis fin novembre la libération d'une centaine d'otages retenus à Gaza en échange de Palestiniens détenus par Israël.

- Plus d'aide humanitaire -

Des représentants du Qatar, de l'Egypte, d'Israël et des Etats-Unis se sont réunis il y a une semaine à Paris pour discuter d'une proposition d'un accord de trêve dans la guerre à Gaza.

Il prévoit une trêve de six semaines avec la libération de 200 à 300 Palestiniens détenus en Israël en échange de 35 à 40 otages, selon une source du Hamas, organisation classée "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

S'exprimant lundi dernier, après s'être entretenu avec le Premier ministre du Qatar Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, M. Blinken avait évoqué un "réel espoir" à ce sujet.

Mais "la balle est dans le camp du Hamas", a affirmé dimanche le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

Selon les autorités israéliennes, 132 otages sont toujours captifs, dont 28 seraient morts.

En Israël, le chef de la diplomatie américaine fera aussi pression afin d'accroître l'acheminement de nourriture, d'eau et de médicaments dans la bande de Gaza, dévastée après près de quatre mois de bombardements israéliens intensifs.

"Il s'agira d'une de ses principales priorités lorsqu'il rencontrera le gouvernement israélien", a indiqué M. Sullivan, selon qui "les besoins de la population palestinienne sont au coeur de la démarche américaine".

M. Blinken doit entamer cette nouvelle tournée par l'Arabie saoudite lundi.

Il devrait y rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, alors que Washington s'efforce de reprendre les discussions sur une éventuelle normalisation des relations entre Ryad et Israël, suspendues après le début de la guerre.

Début janvier, en Arabie saoudite déjà, M. Blinken avait parlé d'un "intérêt clair" à poursuivre cet objectif, que Ryad conditionne cependant à la fin de la guerre à Gaza et à la création d'un Etat palestinien.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas et a lancé une offensive militaire qui a fait 27.238 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.

Plus de 1,3 million d'habitants de la bande de Gaza, selon l'ONU, soit plus de la moitié de sa population, sont à présent réfugiés à Rafah, dans le sud, coincés contre la frontière fermée avec l'Egypte, menacés en plein hiver par la famine et les épidémies.

sct-lb/aem/mba