Blinken critique la Russie et la Chine

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BLINKEN CRITIQUE LA RUSSIE ET LA CHINE

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis réfléchissent à d'éventuelles initiatives face à la Russie, a déclaré le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, en critiquant vivement les arrestations massives de manifestants soutenant Alexeï Navalny.

Dans une interview enregistrée dimanche et diffusée lundi par NBC News, Antony Blinken se dit "profondément perturbé par la violente répression" des manifestations de soutien à l'opposant à Vladimir Poutine et par les nombreuses arrestations effectuées dimanche à travers la Russie.

"Le gouvernement russe commet une grosse erreur s'il croit qu'il s'agit de nous", déclare-t-il. "Il s'agit d'eux. Il s'agit du gouvernement. Il s'agit de la frustration que le peuple russe ressent vis-à-vis de la corruption, de l'autocratie, et je pense qu'ils doivent se regarder eux-mêmes et pas vers l'extérieur."

Antony Blinken n'évoque aucune sanction précise contre la Russie mais dit réfléchir à une réaction face à diverses actions attribuées à Moscou, qu'il s'agisse de la situation d'Alexeï Navalny, des ingérences électorales, de la vaste attaque informatique via le fournisseur américain de logiciels SolarWinds ou encore des primes accordées pour la mort de militaires américains en Afghanistan.

"Le président n'aurait pas pu être plus clair au cours de sa conversation avec le président Poutine", a dit le secrétaire d'Etat au sujet de l'entretien téléphonique la semaine dernière entre Joe Biden et son homologue russe.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie allait ignorer ces déclarations d'Antony Blinken et a mis en garde les Etats-Unis contre toutes nouvelles sanctions.

Dans son interview à NBC, le secrétaire d'Etat américain accuse aussi la Chine de nuire "de manière scandaleuse" à Hong Kong. Il juge que les Etats-Unis devraient accueillir les habitants de la ville désireux de fuir la répression en cours.

"S'ils sont victimes de la répression des autorités chinoises, nous devons faire quelque chose pour leur offrir un refuge", dit-il.

Antony Blinken qualifie aussi de "profond problème" le manque de transparence de la Chine au sujet de la crise du coronavirus et considère que Pékin entrave l'accès des experts de l'OMS aux sites considérés comme les premiers foyers de la pandémie.

Autre pays au coeur des attentions de la diplomatie américaine, l'Iran n'est qu'à quelques mois de la capacité de produire le matériau fissile nécessaire à la fabrication d'une arme nucléaire, avertit le secrétaire d'Etat. Cela pourrait même être "une question de semaines" si l'Iran continue de s'affranchir de l'accord de 2015 dont les Etats-Unis se sont retirés sous Donald Trump, dit-il.

Au sujet de la Corée du Nord, des sanctions supplémentaires prises en coordination avec les alliés des Etats-Unis pourraient être un moyen de favoriser une dénucléarisation de la péninsule coréenne, déclare Antony Blinken, en évoquant aussi la possibilité d'incitations diplomatiques dont il ne précise pas la nature.

(Susan Heavey et Doina Chiacu; version française Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)