Ces blessures invisibles qui hantent les survivants du 13 novembre 2015

Catherine Laurent
Fred Dewilde et Raphaël Akfali témoignent quatre ans après le 13 novembre 2015.

POLITIQUE - “On vit encore avec le sang, et pour beaucoup, les crânes, dans la tête.” Le témoignage de Fred Dewilde, rescapé de l’attentat du Bataclan et auteur de deux BD sur ce traumatisme, est terrible. Il met des mots sur cette détresse psychique insondable qui handicape de nombreux rescapés des attentats, quatre ans après.

Il y a aussi la détresse sociale, car il est difficile, voire impossible, de poursuivre une activité professionnelle dans un état post-traumatique. “Avec la pauvreté de l’aide psychologique que nous avons eue, nous nous attaquerons à un problème de santé publique dans les années à venir”, ajoute-t-il. Alors que le rescapé Guillaume Valette, 31 ans, s’était suicidé le 19 novembre 2017, les associations d’aide aux victimes avaient rappelé à Emmanuel Macron de ne pas les oublier. Le président de la République avait en effet supprimé au début de son quinquennat le secrétariat d’État dédié aux victimes, qui simplifiait les démarches et le nombre d’interlocuteurs, quand tout est beaucoup plus complexe, et donc plus douloureux, aujourd’hui.

Le sentiment d’être abandonné par la France est aussi étayé par la baisse des subventions aux associations. Pour y remédier et donner un coup de main à “Life for Paris”, Fred Dewilde et Catherine Bertrand, tous deux rescapés, dessinateurs de BD et témoins pour le HuffPost, ont pris leurs crayons en direct sur Twitter pour collecter des fonds. “L’argent récolté servira pour le Noël des enfants des victimes, les commémorations, les formations et la préparation juridique des victimes pour le procès” écrit Catherine Bertrand sur son compte.

L’incompréhension peut achever de blesser ou de mettre Fred Dewilde en colère, comme lorsque la presse parle du “coût des attentats”. À ces propos pour lui indécents, Fred a réagi vivement sur son compte Facebook: “À combien les nuits d’angoisse, de cauchemar, les journées sans vie à revoir le film? À combien l’incapacité à gérer sa vie, ses enfants après ça? À combien la...

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