Blanquer aspergé de chantilly: les professeurs se défendent et dénoncent une Éducation nationale "en chute libre"

L'ex-ministre de l'Education et candidat aux législatives dans la quatrième circonscription Jean-Michel Blanquer, le 22 mai 2022 à Amilly (Loiret)  - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP
L'ex-ministre de l'Education et candidat aux législatives dans la quatrième circonscription Jean-Michel Blanquer, le 22 mai 2022 à Amilly (Loiret) - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP

Les deux professeurs qui ont reconnu avoir aspergé de crème chantilly Jean-Michel Blanquer, en campagne pour les législatives samedi à Montargis, ont expliqué ce lundi ne pas avoir prémédité leur acte et dénoncent sur Twitter une Éducation nationale en "chute libre".

Sur leur compte Twitter "ProfsChantillyonneurs" qu'ils ont créé dimanche, Christophe et Olivier, deux enseignants de technologie et d'arts plastiques en collège REP, expliquent longuement leur geste dans une vidéo potache intitulée "Blanquer mousse-Montargis-Chantilly gate".

"La violence, c'est de mépriser les enfants et les parents"

Enseignants depuis 20 ans, les deux hommes de 51 et 57 ans accusés d'avoir fait usage de la violence face à l'ancien ministre, racontent dans leur vidéo la violence subie au quotidien au sein de l'institution scolaire.

"La violence, c'est 12% d'élèves qui arrivent en 6ème et qui ne sont pas capables de lire ou de comprendre un texte. Combien sortent du système scolaire humiliés, méprisés, et sans solution d'avenir?", interrogent-ils.

"La violence ce sont les agressions physiques et les insultes au quotidien", c'est "le manque d'adultes pour protéger nos enfants, les éduquer, les aider: pas d'infirmières, pas de psychologues, pas de surveillants en nombre suffisant. La violence c'est de mépriser les enfants et les parents en embauchant des gens non formés en 30 minutes", scandent-ils en choeur. "Violente, la chantilly?" demandent-ils.

"Violente, la chantilly?"

Point d'indice "gelé depuis des années", pourvoir d'achat "en berne", "l'Éducation nationale est en chute libre mais Jean-Michel Blanquer a lui son parachute pour les législatives à Montargis", critiquent les enseignants, qui dénoncent tout autant la candidature de l'ancien ministre dans leur circonscription que son bilan au ministère.

Ils ajoutent vouloir détailler dans une prochaine vidéo "leurs conditions d'arrestation et leurs 8h de garde à vue".

Les deux quinquagénaires comparaîtront le 4 juillet au tribunal judiciaire de Montargis pour une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou plaider-coupable. Ils devront répondre de "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail", délit pour lequel la peine encourue est de trois ans d'emprisonnement.

Article original publié sur BFMTV.com

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