Blackout: le Liban plongé dans le noir après l'arrêt de deux centrales

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"Avant nous avions de l'électricité une heure par jour, maintenant elle est totalement coupée", déclare un habitant de Beyrouth.

À la nuit tombée, dans la capitale Beyrouth, les habitants se baladent torches à la main. Depuis samedi, le Liban est plongé dans un blackout total après l'arrêt de l'activité de deux importantes centrales électriques faute de carburant, a annoncé la compagnie nationale Électricité du Liban (EDL).

Englué dans une crise inédite, qualifiée par la Banque mondiale d'une des pires dans l'histoire du monde depuis 1850, le pays connait depuis des mois des rationnements draconiens de courant, culminant à plus de 22h par jour, et peine à importer du carburant, sur fond d'une dégringolade historique de la monnaie nationale et d'un assèchement des devises étrangères.

"On vit vraiment dans des conditions déplorables"

"Avant nous avions de l'électricité une heure par jour, maintenant elle est totalement coupée", déclare à notre antenne un habitant de Beyrouth, "la situation est de pire en pire". "Parfois je dors dans ma voiture jusqu'à 3 ou 4h du matin, jusqu'à ce qu'il y ait peut-être de l'électricité", raconte un autre, "on vit vraiment dans des conditions déplorables".

Ces coupures paralysent la vie de la population et plusieurs secteurs vitaux, tandis que les gérants de générateurs privés, qui prennent généralement le relais, rationnent aussi commerces, hôpitaux et foyers, à mesure que le carburant se raréfie.

"La coupure de courant est mauvaise pour nous à tout point de vue", explique Zakaria Hammoud, propriétaire d'une supérette, dont les frigos sont à l'arrêt. "Il y a beaucoup de produits que nous ne pouvons pas avoir, et que nous ne pouvons pas vendre, cela nous empêche de travailler."

L'arrêt de deux centrales

"Après que la centrale de Deir Ammar a été contrainte d'arrêter sa production d'électricité hier matin en raison de l'épuisement de ses réserves de gazole, la centrale de Zahrani s'est également arrêtée cet après-midi pour la même raison", a indiqué l'EDL dans un communiqué. Cela a conduit à un "effondrement total du réseau sans aucune possibilité de le restaurer pour le moment", ajoute le communiqué, alors que les autres centrales du pays fonctionnent a minima.

Il s'agit de la deuxième panne totale signalée par EDL depuis le début du mois. Pour la première, le réseau avait été rétabli quelques jours plus tard.

Une source au ministère de l'Energie a indiqué à l'AFP que des efforts étaient déployés "pour trouver une solution au problème". Dans son communiqué, l'EDL a indiqué qu'un pétrolier devait arriver samedi soir et être déchargé en début de semaine prochaine. 

Des réformes annoncées

La communauté internationale réclame des réformes urgentes aux autorités libanaises, notamment pour l'EDL, symbole d'une mauvaise gouvernance et de la déliquescence des services publics au Liban.  

Formé en septembre après 13 mois de querelles politiciennes, le nouveau gouvernement s'est engagé à amorcer des réformes dans le secteur de l'électricité et à rétablir progressivement le courant public.

Le Liban négocie avec l'Égypte et la Jordanie l'acheminement de gaz et d'électricité via la Syrie, tandis que le mouvement chiite Hezbollah a annoncé ces dernières semaines plusieurs livraisons de fuel iranien pour pallier les graves pénuries de courant et de carburant. Un accord a également été conclu entre les autorités et l'Irak pour la distribution de pétrole irakien au Liban en contrepartie de services médicaux.

Article original publié sur BFMTV.com

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