«Black Panther», pompes Afrique

Libération.fr

Laide et aseptisée, la nouvelle adaptation de l’écurie Marvel échoue à se saisir de la question raciale qui consume toujours l’Amérique. Et finit par s’abîmer dans la caricature.

Unanime dans sa célébration de la 18e production de Marvel Studios, la presse américaine voit en Black Panther un parangon de la diversité, une source «d’espoir et de fierté» qui «explore le passé comme le présent de la question raciale»(New York Times), tout en «interrogeant ce que l’Afrique aurait pu devenir si elle n’avait pas été dépouillée de ses ressources» (Variety). Par son casting qui réunit le gotha des acteurs afro-américains (Chadwick Boseman et Michael B. Jordan en têtes d’affiche, Forest Whitaker et Angela Bassett en figures d’autorité) et n’offre que d’accessoires seconds rôles aux Blancs, Black Panther se distingue du tout-venant hollywoodien et laissait espérer qu’il puisse s’emparer d’une question raciale qui consume l’Amérique de la rue au sommet de l’Etat. A elle seule, la friction entre le caractère ultra calibré des productions Marvel et ce que pouvait dire de l’époque cette transposition à l’écran du premier héros noir de comics, né durant les années de lutte pour les droits civiques, suffisait à éveiller un intérêt.

Fadeur. Dans un premier mouvement, le film de Ryan Coogler, jeune cinéaste dont la hype à Sundance (Fruitvale Station en 2013) a ouvert les portes des majors (Creed), semble s’inscrire dans une histoire de l’Amérique noire en débutant à Oakland, en 1992. L’époque correspond à un renouveau du cinéma afro-américain avec l’émergence de la vague du «New Jack Cinema» et les succès de New Jack City ou Boyz N the Hood, dans la roue des films de Spike Lee. Le lieu n’est pas anodin non plus, puisque c’est à Oakland, ville longtemps gangrenée par la pauvreté, la violence et les gangs, que Bobby Seale et Huey Newton ont fondé le Black Panther Party. Pourtant, Coogler se contente d’effleurer cette culture, reléguée au rang de musique de fond et de poster de Public (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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