Blâmer Mélenchon de ne pas appeler à voter Macron est indécent, mais il devrait hurler contre les amalgames propagés par le FN

Rachid Zerrouki
Blâmer Mélenchon de ne pas appeler à voter Macron est indécent, mais il devrait hurler contre les amalgames propagés par le FN.

Ce deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen avait beau être annoncé depuis plusieurs mois, notre attitude collective dévoile à quel point nous sommes de brillants rêveurs mais de déplorables visionnaires, pas même capables d'anticiper notre propre réaction devant le menu pourtant tant attendu. Parmi les réflexes instinctifs auxquels nous assistons, j'en ai compté deux qui paraissent presque irréels tant ils sont indécents: blâmer Jean-Luc Mélenchon parce qu'il n'appelle pas à voter pour Emmanuel Macron, et faire la chasse aux abstentionnistes dégoûtés par les résultats du premier tour.

La France Insoumise a fait reculer le Front National

Le soir du premier tour, dans son discours, Jean-Luc Mélenchon peine à acter sa défaite et surtout, ne donne pas de consigne de vote concernant le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour le second tour: "chacun, chacune d'entre vous sait, en conscience, quel est son devoir" dit-il à ses partisans. Depuis cette déclaration, les voix se multiplient pour décrier sa démarche jugée irresponsable... parfois même par les responsables de la montée du Front National.

Au lendemain du 1er tour des élections régionales, la France progressiste et philanthrope se réveille avec un sacré mal de crâne.

L'heure ne s'y prête pas, je vous l'accorde, mais prenons tout de même un peu de recul pour réaliser l'impertinence de ces critiques. Au lendemain du premier tour des élections régionales, la France progressiste et philanthrope se réveille avec un sacré mal de crâne: le Front National domine le scrutin. Il est, entre autres, le premier parti chez les ouvriers (43%) et chez les jeunes de 18 à 24 ans (35%). Quelques mois plus tard, Marine Le Pen ne fait plus aujourd'hui que 21% chez la même tranche d'âge et recule parmi les ouvriers en recevant tout de même 37% de leurs voix. Que s'est-il passé entre temps ? La réponse c'est Jean-Luc Mélenchon.

Quelques mois après les régionales, Le Pen ne fait plus aujourd'hui que 21% chez...

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