Bizutage chez les pompiers de Paris: jusqu'à six mois ferme requis en appel

B.R.
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Photo d'un camion de pompiers dans les rues de Paris (image d'illustration) - LOIC VENANCE / AFP
Photo d'un camion de pompiers dans les rues de Paris (image d'illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Jusqu'à six mois de prison ferme ont été requis jeudi contre d'anciens pompiers jugés en appel pour violences et agressions sexuelles sur deux collègues en 2012, lors d'un bizutage au sein de la prestigieuse équipe de gymnastique des pompiers de Paris.

Huit ans après l'éclatement de cette "affaire particulièrement sinistre et sordide", l'avocate générale, Anne-Françoise Tissier, a estimé que les cinq prévenus jugés en appel n'avaient "toujours pas réalisé la gravité" des violences, proches d'"actes de torture" et d'aspect "éminemment sexuel".

Des peines plus lourdes

Elle a demandé des peines plus lourdes que celles infligées en première instance pour quatre des cinq ex-pompiers qui avaient fait appel (sur les dix jugés en 2019), notamment pour les deux prévenus d'"atteinte sexuelle en réunion" sur un de leur camarade.

Elle a ainsi requis 18 mois de prison, dont six ferme contre le premier (contre 10 mois dont 4 ferme en première instance), et 15 mois dont cinq ferme (contre 12 mois dont 4 ferme) contre l'autre, assortis d'une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais).

Pour les trois autres, poursuivis pour violences ou pour non-empêchement d'un délit, elle a requis jusqu'à 15 mois de prison avec sursis (contre 8 en première instance).

Un procès interrompu par un cas de Covid

Les avocats des prévenus ont de leur côté plaidé la relaxe ou, au minimum, pour ceux poursuivis pour atteinte sexuelle, l'abandon de cette dernière qualification, pour éviter à leurs clients une condamnation qui pourrait leur fermer la porte à de nombreux métiers d'encadrement ou de service public. Le jugement a été mis en délibéré au 18 décembre.

Entamé le 23 septembre dernier, le procès en appel de cette affaire, qui avait entraîné la dissolution de l'équipe de gymnastique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), avait été interrompu le lendemain car l'une des juges avait le Covid-19. Il a repris jeudi pour une journée, le temps d'achever les études de personnalité, avant les réquisitions et plaidoiries.

Un "rite de passage"

En première instance en février 2019, les dix prévenus avaient été condamnés à des peines allant de trois mois de prison avec sursis à six mois ferme.

La séance de bizutage avait eu lieu le 6 mai 2012 au fond d'un autocar qui roulait entre Colmar et Paris, après une représentation sportive de l'équipe. Tous les acteurs étaient à l'époque dans la petite vingtaine. En appel, les cinq prévenus ont de nouveau exprimé leurs regrets, suggérant une violence "consentie" dans le cadre d'un "rite de passage" traditionnel à la brigade.

Les deux victimes comme les dix prévenus ont depuis quitté la BSPP, une unité militaire dont les quelque 8.000 sapeurs-pompiers interviennent dans Paris et sa petite couronne. Elle a été visée ces dernières années par plusieurs enquêtes judiciaires portant sur des faits de viol, d'agressions sexuelles et harcèlement sexuel.

Article original publié sur BFMTV.com