Birmanie : "Il y a une vraie possibilité que le pays tombe dans une guerre civile"

·2 min de lecture

Au lendemain de nouvelles répressions féroces de l'armée birmane contre l'opposition, France 24 reçoit, dimanche, Alex Aung Khant, activiste birman et membre du parti NLD. Celui-ci a évoqué la possibilité que les manifestations contre le coup d'État de la junte mènent à "une guerre civile" et appelé la communauté internationale à agir "concrètement".

"Ce n'est plus une armée institutionnelle, c'est une armée qui fait peur aux gens", affirme, dimanche 10 avril, Alex Aung Khant, activiste birman et membre du parti NLD, sur l'antenne de France 24.

Alors que les forces de sécurité birmanes ont tué plus de 80 manifestants anti-coup d'État près de Rangoun, jeudi soir et vendredi, l'activiste, également petit-neveu de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, arrêtée le 1er février dernier par la junte militaire, a dénoncé cette violence et appelé la communauté internationale à agir.

"Ce déséquilibre des forces ne donne plus le choix"

Depuis le 1er février, date du putsch orchestré par les militaires, "on a manifesté assez pacifiquement, mais petit à petit, l'armée utilise la violence contre nous et on n'a plus le choix", explique Alex Aung Khant, évoquant des manifestants délogés jusque dans leurs maisons et arrêtés par la police. "Ce déséquilibre des forces ne donne plus de choix, et il y a une vraie possibilité que le pays tombe dans une guerre civile."

Face à cette répression, qui a fait près de 600 morts depuis début février, l'activiste interrogé par France 24 appelle la communauté internationale à l'action. "Il faut être plus créatif", dit-il, incitant les pays étrangers à aller au-delà des sanctions "classiques", notamment en se penchant sur les liens qu'entretient la junte militaire birmane avec des "businessmen qui gardent des comptes bancaires" à Singapour ou Hong Kong, en refusant de reconnaître le régime militaire, et toute autre action permettant de "dissuader l'armée de poursuivre les violences".

Par ailleurs, si la Chine, qui a qualifié le coup d'État de "remaniement", a, selon Alex Aung Khant, tout intérêt à intervenir dans la crise en cessant de soutenir la junte birmane, l'activiste et membre du NLD assure que la France a, elle aussi, une carte à jouer, du fait de la présence de nombreuses compagnies installées de longue date sur le sol birman.