Birmanie: six ans de prison supplémentaires pour l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi

Photo de l'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, le 3 juin 2019 lors d'un déplacement officiel à Prague - Michal CIZEK © 2019 AFP
Photo de l'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, le 3 juin 2019 lors d'un déplacement officiel à Prague - Michal CIZEK © 2019 AFP

La junte birmane resserre son étau sur Aung San Suu Kyi: l'ex-dirigeante a été condamnée ce lundi à une peine de six ans de prison supplémentaires au cours d'un procès fleuve, dénoncé comme politique par la communauté internationale. La prix Nobel de la paix, âgée de 77 ans et qui avait déjà été condamnée pour un total de 11 ans de détention, a été reconnue coupable de quatre charges de corruption.

Apparue en bonne santé au tribunal militaire, selon une source proche du dossier, elle n'a pas fait de commentaire après la lecture du jugement.

Il s'agit d'un "affront à la justice et à l'État de droit", a réagi un porte-parole du Département d'État américain, appelant à la "libération immédiate d'Aung San Suu Kyi et de tous ceux injustement détenus, parmi lesquels des représentants démocratiquements élus".

Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a dénoncé de son côté la condamnation "injuste" par la junte birmane de Aung San Suu Kyi et appelé dans un tweet le régime birman "à la libérer immédiatement et sans condition, ainsi que tous les prisonniers politiques, et à respecter la volonté populaire".

"Les procès fabriqués par la junte, la torture des détenus et l'exécution d'activistes illustrent largement le mépris pour la vie des gens de Birmanie", a déclaré dans un communiqué l'ONG Human Rights Watch, qualifiant la condamnation de Aung San Suu Kyi d'"illégitime".

Elle risque des décennies de prison

Arrêtée lors du coup d'État militaire du 1er février 2021, Aung San Suu Kyi a été placée à l'isolement dans une prison de Naypyidaw fin juin 2021. C'est dans cet établissement pénitentiaire de la capitale que se poursuit son procès, qui a débuté il y a plus d'un an, à huis clos. Ses avocats ont aussi interdiction de parler à la presse et aux organisations internationales.

Elle est visée par une multitude d'infractions: violation d'une loi sur les secrets d'État datant de l'époque coloniale, fraude électorale, sédition, corruption... Elle risque des décennies de prison.

Fin avril, la prix Nobel a été condamnée à cinq ans de prison en vertu de la loi anti-corruption, pour avoir perçu 600.000 dollars et plus de 11 kilos d'or de pots-de-vin de l'ancien ministre en charge de la région de Rangoun.

Elle avait été jugée auparavant pour importation et possession illégale de talkies-walkies, violation des restrictions liées au coronavirus et incitation aux troubles publics.

Article original publié sur BFMTV.com