Birmanie: les sanctions économiques occidentales ont un effet limité

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Comment mettre fin à la répression sanglante de l'armée en Birmanie ? Le rapporteur spécial de l'ONU sur la Birmanie Tom Andrews craint qu'il ne reste que peu de temps pour agir. Ce jeudi encore, l'armée a ouvert le feu sur des manifestants, faisant au moins quatre morts. Londres et Washington ont annoncé dans la foulée de nouvelles sanctions, visant cette fois les intérêts financiers de la junte et plus précisément deux conglomérats contrôlés par l'armée.

Londres et Washington ne s’y trompent pas : la Tatmadaw, l’armée birmane, contrôle des parties importantes de l’économie grâce à ces deux vastes conglomérats.

Que ce soit l’exploitation du jade et des pierres précieuses qui assure près de la moitié du PIB, la gestion des ports, des assurances, des banques ou encore du tourisme, ensemble, la Myanmar Economic Holdings et la Myanmar Economic Corporation gèrent au moins 120 sociétés à travers une structure très opaque. C'est ce que note un rapport de l’ONU de 2019 qui dénonçait déjà les liens étroits entre l’armée et les milieux d’affaires.

Des liens qui ont permis à l’armée de financer, en 2017, la campagne de nettoyage ethnique contre la minorité des Rohingyas et qui permettent aujourd’hui à la junte de financer la répression sanglante contre les civils, estime le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab.

L'objectif de Londres et de Washington est donc de couper l'accès des militaires aux revenus du pays. Seulement voilà, l'effet restera limité, car les entreprises contrôlées par l'armée travaillent surtout avec la Chine et d'autres pays asiatiques, et très peu avec des entreprises occidentales.

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