Birmanie: un «Parlement fantôme» s'opposant aux militaires veut mobiliser avec «invincibilité»

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Ce dimanche 14 mars, les députés de l'opposition à la junte militaire en Birmanie, regroupés dans un « Parlement fantôme », ont appelé les protestataires à poursuivre leur mobilisation « avec invincibilité » contre le coup d'État.

En Birmanie, des parlementaires s'opposant à la junte - dont beaucoup sont dans la clandestinité - ont formé un « Parlement fantôme » nommé Comité pour représenter le Pyidaungsu Hluttaw (CRPH), les mots birmans pour désigner l'organe législatif, afin de dénoncer le régime militaire. Le vice-président par intérim de ce Comité a appelé à poursuivre la mobilisation contre « la dictature injuste » de la junte. « C'est le moment le plus sombre de la nation et la lumière de l'aube est proche », a dit Mahn Win Khaing Than dans une vidéo publiée le samedi 13 mars au soir sur la page Facebook du CRPH.

« Temps obscurs »

« Il s'agit aussi du moment qui teste nos citoyens pour voir à quel point nous pouvons résister à ces temps obscurs », a poursuivi M. Than, un responsable de haut rang de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, et qui était le président de l'assemblée sous le gouvernement de Mme Suu Kyi. Avec d'autres alliés de celle-ci, il a été placé aux arrêts domiciliaires au moment du coup d'État du 1er février, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Son discours de samedi serait ainsi sa première apparition en sa qualité de vice-président par intérim du CRPH. « Ce soulèvement est aussi l'occasion pour nous tous de lutter main dans la main pour établir une union démocratique fédérale que nous - tous frères et soeurs ethniques qui avons souffert de diverses formes d'oppression de la dictature militaire - désirons depuis longtemps », a-t-il ajouté, en référence aux appels du mouvement pro-démocratie à une démocratie fédérale qui reconnaîtrait un rôle politique aux minorités ethniques.

« Haute trahison »

« L'union de la démocratie fédérale (...) nous attend dans un avenir proche si nous avançons unis et avec invincibilité », a également dit Mahn Win Khaing Than. « Il faut que le soulèvement l'emporte ». La junte, qui s'est baptisée Conseil d'administration de l'État, a prévenu que la formation du CRPH s'apparentait à une « haute trahison », passible d'une peine maximale de 22 ans de prison.

(avec AFP)

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