Birmanie: les opposants à la junte protestent avec des œufs

·2 min de lecture

Les opposants au coup d'État en Birmanie ont défié dimanche le régime militaire avec des œufs de Pâques anti-junte. Le pape François a exprimé sa « proximité » avec la jeunesse du pays et ses aspirations démocratiques.

Le mouvement de désobéissance civile birman a trouvé une nouvelle façon de protester contre le coup d'État militaire. En ce dimanche de Pâques, il a choisi de diffuser sur les réseaux sociaux des photos d'œufs décorés de messages contre le régime : « Sauvez la Birmanie », « Nous voulons la démocratie », « Dégageons MAH », le puissant chef de la junte Min Aung Hlain.

Dans son message de Pâques, le pape François a exprimé sa « proximité (...) avec les jeunes birmans qui s'engagent pour la démocratie en faisant entendre pacifiquement leur voix ». « Jésus est ressuscité : Alléluia, la Birmanie ressuscitera », a tweeté Charles Bo, premier cardinal du pays très majoritairement bouddhiste.

Quatre civils sont encore tombés sous les balles samedi et un homme de 30 ans a été abattu dimanche dans l'État Kachin, à l'extrême-nord de la Birmanie. La junte a assuré dans un média d'État que les forces de sécurité « faisaient preuve de la plus grande retenue ».

Les généraux birmans font la sourde oreille aux condamnations et sanctions occidentales. Ils ont coupé l'accès à internet pour une grande majorité de la population, ordonnant la suspension des données mobiles et des connexions sans fil.

Des mandats d'arrêt ont été émis contre 60 célébrités birmanes – chanteurs, mannequins, influenceurs sur les réseaux sociaux – accusées d'avoir diffusé des informations susceptibles de provoquer des mutineries dans les forces armées.

Soutien de 10 factions rebelles aux opposants

Plus de 550 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués par les forces de sécurité depuis le putsch du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, car quelque 2 700 personnes ont été arrêtées. Beaucoup, détenues au secret, sans accès à leurs proches ou à un avocat, sont portées disparues.

Cette répression a conduit dix des principales factions rebelles du pays à réexaminer leur cessez-le-feu avec l'armée en vigueur depuis 2015. Réunies pendant deux jours, elles ont apporté ce dimanche leur soutien au mouvement de désobéissance civile, sans remettre en cause à ce stade l'accord signé avec les militaires.

L'une d'entre elles, la puissante Union nationale karen (KNU), s'était emparée la semaine dernière d'une base militaire dans le sud-est du pays, tuant dix soldats. L'armée avait riposté par des raids aériens, les premiers depuis vingt ans dans cette région, faisant plusieurs victimes et de nombreux déplacés.

D'autres rébellions ont menacé de reprendre les armes contre les militaires, faisant craindre à l'ONU un risque « sans précédent » de « guerre civile ».