Birmanie: L'UE s'apprête à prendre de nouvelles sanctions

par Robin Emmott et John Irish
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BIRMANIE: L'UE S'APPRÊTE À PRENDRE DE NOUVELLES SANCTIONS

par Robin Emmott et John Irish

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - L'Union européenne compte instaurer des sanctions contre dix personnes supplémentaires impliquées dans le coup d'Etat du 1er février en Birmanie ainsi que, pour la première fois, deux entreprises gérées par l'armée, a-t-on appris jeudi de deux sources diplomatiques.

Ces sanctions, qui pourraient entrer en vigueur la semaine prochaine selon ces diplomates, devraient cibler deux entreprises qui procurent des revenus aux forces armées de Birmanie. Reuters s'était fait l'écho la première des préparatifs de ces sanctions, au début du mois de mars.

Si l'UE impose déjà un embargo sur les armes à destination de la Birmanie et a décrété le mois dernier des sanctions contre 11 hauts responsables de l'armée birmane, la décision de viser deux entreprises constituerait la réaction la plus significative des Vingt-Sept depuis le coup d'Etat qui a évincé la dirigeante Aung San Suu Kyi début février.

"Une liste va être adoptée. Il y a eu un accord sur dix personnes et deux entités. Il y a eu une discussion sur les entreprises liées à la junte à ajouter et un accord a été trouvé pour deux d'entre elles", a expliqué un diplomate européen.

Un second diplomate européen a confirmé l'accord auquel sont parvenus les ambassadeurs des Vingt-Sept.

Des diplomates européens avaient déclaré le mois dernier à Reuters que l'UE pourrait cibler les branches de deux conglomérats appartenant à l’armée, Myanmar Economic Holdings Limited (MEHL) et Myanmar Economic Corporation (MEC), en empêchant les investisseurs et les banques du bloc de commercer avec.

Des associations de défense des droits de l'homme ont également appelé à ce que ces conglomérats soient sanctionnés.

Il n'a pas été possible d'obtenir davantage de précisions dans l'immédiat. L'UE a refusé de commenter et personne n'était joignable à la mission diplomatique de la Birmanie auprès de l'UE, à Bruxelles.

Ce nouveau train de sanctions - qui devrait être instauré et dont les cibles devraient être rendues publiques la semaine prochaine - s'inscrit dans le sillage de mesures comparables décidées par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept doivent discuter de leur stratégie lundi lors d'une réunion en visioconférence.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé au début du mois que de nouvelles sanctions économiques allaient être appliquées rapidement.

(Version française Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame et Jean-Michel Bélot)