Birmanie: l'armé met Aung San Suu Kyi face à ses limites

Libération.fr
Des musulmans Rohyngyas ayant fui les violences policières en Birmanie à Teknaf, au Bangladesh, le 25 décembre 2016

En lançant des offensives dans les Etats Shin et Kachin contre des indépendantistes ou les Rohingyas, les militaires soulignent les difficultés de la prix Nobel à imposer sa politique.

Moins d’un an après avoir connu une alternance historique, la Birmanie est confrontée à une escalade des tensions avec de violents combats et l’exil de dizaines de milliers de personnes à l’étranger. Exposé sur deux fronts, le pays fait face, dans le Nord et l’Ouest, à deux graves crises qui illustrent toutes les limites du mandat d’Aung San Suu Kyi et les faiblesses de la transition.

C’est dans les Etats Shan et Kachin (nord) que les affrontements ont été les plus violents ces derniers jours. Ils opposent l’armée birmane (Tatmadaw) à la KIA, l’armée de l’indépendance Kachin, l’un des groupes armés ethniques les plus puissants. Depuis mardi, au moins 4 000 personnes ont fui la région autour de Laiza, la ville bastion de la KIA, pour gagner la Chine voisine. Ils sont allés rejoindre les quelque 15 000 réfugiés qui avaient déjà fui les combats en décembre.

L’armée s’est lancée dans une offensive massive avec l’utilisation de grands moyens aériens et d’artilleries en cherchant à contrôler des lieux stratégiques. Elle a verrouillé l’accès à tout observateur indépendant, y compris Yanghee Lee, le rapporteur spécial pour les droits de l’homme de l’ONU en visite dans le pays, compliquant la possibilité d’avoir une idée précise sur le nombre de victimes dans cette région poudrière. «L’armée veut arriver en position de force aux négociations sur le processus de paix qui doivent reprendre le 12 février, après le premier rendez-vous d’août, analyse Renaud Egreteau , chercheur au Centre Wilson à Washington. La mousson a pris fin et comme chaque année, elle reprend les opérations. C’est très cyclique. Mais c’est la première fois que cela intervient sous le gouvernement dirigé par Aung San Suu Kyi et la Ligue nationale pour la démocratie (LND). L’armée démontre qu’elle peut faire ce qu’elle veut sans (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

La Philharmonie de Hambourg, nouveau «joyau» culturel allemand
Scandale en Corée du Sud: l’héritier de Samsung entendu comme suspect
Chypre: conférence internationale à Genève en présence de Guterres
Breivik impute sa radicalisation en prison à son isolement
En Russie, l’Institut Vavilov veille sur la diversité végétale

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages