Birmanie: deux employés d'une ONG annoncés disparus après la découverte de 30 corps calcinés

·3 min de lecture
Photo prise le 25 décembre 2021 émanant des Forces de défense des nationalités karenni (KNDF) montrant des véhicules carbonisés sur une route du canton de Hpruso, dans l'État birman de Kayah (est) - Handout © 2019 AFP
Photo prise le 25 décembre 2021 émanant des Forces de défense des nationalités karenni (KNDF) montrant des véhicules carbonisés sur une route du canton de Hpruso, dans l'État birman de Kayah (est) - Handout © 2019 AFP

En Birmanie, plusieurs corps brûlés ont été découverts dans deux camions, ce samedi. Sur une route du canton de Hpruso, dans l'État de Kayah, à l'est du pays, "27 cadavres" ont été signalés par un responsable de la rébellion opposée à la junte au pouvoir, les Forces de défense du peuple (PDF).

Si "27 crânes" ont été identifiés, "il y avait d'autres cadavres dans le camion, tellement calcinés que nous n'avons pas pu les compter", affirme un témoin.

"Nous sommes horrifiés"

Parmi les victimes, deux membres de l'ONG Save the Children pourraient y figurer, a annoncé l'organisation, précisant que ses employés étaient "portés disparus". "Nous avons la confirmation que leur véhicule privé a été attaqué et incendié", a déclaré l'ONG britannique de défense des droits de l'enfant dans un communiqué.

Les deux employés rentraient chez eux après une mission humanitaire dans la région, selon Save the Children, précisant avoir suspendu ses œuvres dans plusieurs régions.

"Nous sommes horrifiés par la violence visant des civils innocents et notre personnel qui se dédie à des tâches humanitaires, en aidant des millions d'enfants dans le besoin en Birmanie", a commenté la dirigeante de cette ONG britannique centenaire, Inger Ashing.

Des femmes et enfants parmi les victimes

En octobre, l'ONG avait déploré la destruction de ses bureaux dans la ville de Thantlang, dans l'ouest, dans un bombardement de la junte qui avait aussi rasé des dizaines de maisons après des combats avec un groupe local rebelle.

Selon l'observatoire Myanmar Witness, "35 personnes, dont des enfants et des femmes, ont été brûlées et tuées par les militaires le 24 décembre dans le canton de Hpruso".

Un porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a admis pour sa part que des affrontements avaient éclaté à Hpruso vendredi après que des soldats aient tenté d'arrêter sept voitures conduisant de manière "suspecte". Ils ont tué un certain nombre de personnes dans ces violences, a dit à l'AFP le porte-parole, sans donner de détails.

1.300 civils tués en dix mois

Depuis le putsch du 1er février, la Birmanie a sombré dans le chaos qui a mis fin à une transition démocratique de dix ans. En dix mois, plus de 1.300 civils ont été tués, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures et d'exécutions extrajudiciaires.

En réaction, les milices citoyennes PDF ont vu le jour dans le pays et infligent régulièrement des revers à la puissante armée birmane.

Dix mois après le coup d'Etat militaire contre son gouvernement, l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991, vit assignée à résidence.

En cherchant à écarter Aung Saan Suu Kyi et à étouffer son influence et son parti, l'armée a peut-être ouvert la boîte de Pandore, avec une nouvelle résistance à la junte, parfois violente, qui gagne du terrain, selon des experts interrogés par l'AFP au début du mois.

876450610001_6236257554001

Ces analystes soulignent que des centaines de personnes se sont rendues dans des zones contrôlées par les rebelles pour s'entraîner au combat et riposter à l'armée, à contre-courant du principe de non-violence prôné par Aung San Suu Kyi.

Et les mois de répression sanglante n'ont laissé que peu d'espace pour le type de compromis caractéristique du gouvernement de l'ex-dirigeante avec les militaires, bien que la junte affirme vouloir organiser de nouveaux scrutins.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles