Birmanie : le destin tragique Kyal Sin, jeune birmane victime de la répression militaire

Le regard d’une adolescente qui fuit pour se mettre à l'abri… Derrière elle, un nuage de gaz lacrymogène ainsi qu’une barricade, image de la répression sanglante en Birmanie. Sur son t-shirt, on peut lire un message en anglais : "Tout ira bien". Quelques instants plus tard, la jeune birmane est touchée par un tir mortel à la tête. Cette histoire, c’est celle de Kyal Sin, 19 ans. Une jeune fille devenue depuis quelques heures le symbole de la violence meurtrière dans le pays. La journée la plus meurtrière Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle racontait sa vie sur les réseaux sociaux. Son premier vote en novembre dernier pour Aung San Suu Kyi, ses idéaux démocratiques, sa colère et sa désobéissance face au coup d'État militaire. Les trois doigts levés vers le ciel étaient devenus son signe de ralliement, avec les autres manifestants. Mercredi 3 mars, elle était en première ligne à Mandalay (Myanmar), la deuxième ville du pays. Elle réclamait le retour de la démocratie, sans armes. Des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles. Trois doigts en l’air avec un seul message pour la jeunesse birmane : lutter contre la dictature jusqu’au bout. 38 victimes ont été recensées par l’ONU le mercredi 3 mars, faisant de cette journée la plus meurtrière depuis le début de la répression.