Birmanie: Plus de 500 morts, des groupes armés menacent de rejoindre les manifestants

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BIRMANIE: PLUS DE 500 MORTS, DES GROUPES ARMÉS MENACENT DE REJOINDRE LES MANIFESTANTS

(Rpt coquille titre)

(Reuters) - Le bilan de la répression des manifestations depuis le coup d'Etat du 1er février en Birmanie dépasse désormais 500 morts, alors que la désobéissance civile prend de nouvelles formes et que trois groupes armés rebelles menacent de rejoindre la contestation populaire.

Au moins 510 civils ont été tués depuis le putsch des militaires et l'arrestation de la dirigeante Aung San Suu Kyi, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Près de deux mois après le début des manifestations, la répression semble s'accentuer, des témoins signalant que les forces de sécurité déployées lundi dans un quartier de Rangoun disposaient d'armements plus lourds, qui pourraient être des lanceurs de grenades.

Selon les comptes-rendus de la télévision d'État, les forces de sécurité ont utilisé des "armes anti-émeutes" pour disperser une foule de "terroristes violents".

Le nombre de victimes recensées au cours de la seule journée de samedi, la plus meurtrière depuis le début du mouvement, a été revu en hausse avec un bilan de 141 victimes, d'après l'AAPP.

Face à cette répression, trois factions armées issues de différentes minorités ethniques s'opposant depuis plusieurs décennies aux autorités centrales ont menacé mardi dans un communiqué commun de rejoindre la contestation.

UNION DE FACTIONS REBELLES EN VUE

L'Armée de l'alliance démocratique nationale de la Birmanie, l'Armée d'Arakan et l'Armée de libération nationale Ta'ang ont conjointement appelé la junte à cesser de tuer les manifestants et à résoudre les problèmes politiques, faute de quoi ils menacent de coopérer avec tous les groupes ethniques "qui se joignent à la révolution du printemps de Birmanie" afin de se défendre.

Sur le terrain, le mouvement de désobéissance civile adopte de nouvelles tactiques après avoir paralysé de larges pans de l'économie birmane par des grèves. Les habitants de Rangoun ont ainsi été invités à déposer leurs ordures au niveau des grands carrefours de la ville.

"La grève des ordures est une grève contre la junte" à laquelle "tout le monde peut participer", pouvait-on lire sur une pancarte publiée sur les réseaux sociaux, où des photos témoignaient du début de l'accumulation de déchets à Rangoun

Des milliers de personnes ont également manifesté mardi dans plusieurs villes à travers le pays, selon des médias et des photos diffusées sur les réseaux sociaux.

Un homme a été abattu par les forces de sécurité dans la ville de Kawthaung, dans la pointe sud du pays, a rapporté le site d'informations Mizzima, et la répression aurait fait une autre victime, âgée de 23 ans, dans la ville septentrionale de Myitkyina, selon une personne de sa famille.

(Bureaux de Reuters ; version française Myriam Rivet)

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