Birmanie: Aung San Suu Kyi «en bonne santé», réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU

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Alors que l'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a pu s'entretenir avec son avocat et qu'elle doit être entendue par le tribunal ce jeudi 1er avril, l'ONU cherche une position commune sur la situation en Birmanie. Pendant ce temps, les entreprises étrangères, notamment touristiques, cherchent aussi à se positionner.

Arrêtée lors du coup d’État du 1er février, la dirigeante civile birmane Aung San Suu Kyi, « paraît en bonne santé », a déclaré son avocat ce mercredi après avoir pu faire un entretien vidéo avec elle. L'ex-dirigeante, âgée de 75 ans, n'a toujours pas été autorisée à rencontrer son équipe de défense et l'entretien s'est déroulé en présence de gardes et de policiers depuis un commissariat de la capitale administrative de Birmanie, Naypyidaw, d'après l'avocat. Une audience est prévue ce jeudi devant le tribunal.

Cette vidéoconférence intervient alors que la pression internationale s’accentue autour de la junte birmane, dont la répression sanglante des manifestations pro-démocratie à provoquer des condamnations massives de la communauté internationale.

L'ONU en quête d'un consensus sur le dossier birman

Une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l’ONU doit d’ailleurs se tenir ce mercredi en urgence et à huis-clos pour tenter d’apporter une réponse commune à la crise. Les membres du Conseil doivent impérativement décider de « couper les moyens financiers de la junte [...] et renvoyer les responsables des atrocités devant la Cour pénale internationale », a tweeté Tom Andrews, rapporteur spécial de l'ONU sur la Birmanie.

Toutefois, les membres du Conseil de sécurité sont divisés. Si certains, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, ont décidé de sanctions à l’encontre de la junte, d’autres, comme la Russie ou la Chine, n’ont pas officiellement condamné le coup d’État.

Inquiet de la tournure que prend la répression des manifestations et des menaces qui pèsent sur le pays, les États-Unis, après avoir simplement « autorisé » en février les diplomates non essentiels à quitter le pays, a maintenant ordonné à ces-derniers de sortir de Birmanie.

Interrogée par RFI, Debbie Stothard, coordinatrice d'Alternative ASEAN Network pour la Birmanie (ALTSEAN), estime que la situation fait planer le spectre d’une guerre civile totale. « Nous assistons sans aucun doute à une escalade. Il est clair que la junte militaire en utilisant les forces armées le 27 mars a contribué à intensifier la guerre aussi bien contre les minorités ethniques dans les régions frontalières que dans les zones urbaines contre les militants pro-démocratie », a-t-elle expliqué.

Pression économique

Le Japon s’est également positionné sur le cas birman et compte jouer de son influence économique pour faire pression sur la junte. Le ministre nippon des Affaires étrangères a annoncé ce mercredi que le pays a suspendu toute nouvelle aide à la Birmanie. Les autorités n’ont pas adopté de sanctions directes, estimant que la suspension des aides étaient suffisantes étant donné que le Japon est actuellement l’un des plus grands fournisseurs d’aide de la Birmanie.

Certaines entreprises ont également pris position sur la crise qui secoue actuellement la Birmanie. Le producteur d’énergies renouvelables Voltalia a annoncé ce mercredi qu’il allait « mettre fin à ses activités » dans le pays. « En raison de la crise politique et humanitaire [en Birmanie], Voltalia a pris la décision de se retirer du pays et a entamé les démarches pour mettre fin à ses activités sur place », a annoncé l'entreprise française dans un communiqué.

À l’inverse, le groupe Accor, lui, « n’a pas l’intention de quitter le pays ». Il a décidé de continuer à exploiter les 9 hôtels qu’il possède sur le territoire birman et souhaite également continuer les projets en cours, estimant que « le tourisme est le dernier lien qui unit le peuple birman au monde ». Six projets sont « en développement » avec des marques comme Ibis, Novotel, Pullman et MGallery.

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