Birmanie: Première comparution d'Aung San Suu Kyi devant un juge

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BIRMANIE: PREMIÈRE COMPARUTION D'AUNG SAN SUU KYI DEVANT UN JUGE

(Reuters) - La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a comparu en personne lundi devant un tribunal pour la première fois depuis son renversement par un coup d'Etat militaire le 1er février dernier, ont déclaré ses avocats.

Elle semblait en bonne forme lors de cette audience qui a duré une trentaine de minutes mais elle a expliqué n'avoir aucun accès à la presse depuis le début de sa détention et n'être que partiellement informée de ce qui se déroule à l'extérieur, a ajouté le principal de ses défenseurs, Khin Maung Zaw.

La lauréate du prix Nobel de la paix, âgée de 75 ans, fait partie des quelque 4.000 personnes placées en détention depuis le coup d'Etat. Il lui est notamment reproché la détention illégale de talkies-walkies et la violation de secrets d'Etat, passible de 14 ans de prison.

Lors de son entretien avec ses avocats, Aung San Suu Kyi a évoqué le sort de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui devrait prochainement être dissous par la commission électorale nommée par la junte.

"Notre parti est issu du peuple, donc il existera tant que le peuple le soutiendra", a-t-elle dit selon des propos rapportés par Khin Maung Zaw.

Plusieurs médias avaient rapporté vendredi que la commission électorale s'apprêtait à dissoudre la LND pour fraude lors des élections de novembre.

Aung San Suu Kyi a déclaré que les seules informations qu'elle recevait de l'extérieur étaient celles que lui donnaient les policiers lorsqu'ils lui demandaient son opinion sur certains sujets, a dit Khin Maung Zaw en précisant qu'elle refusait de répondre à ces questions faute de disposer d'informations suffisantes.

L'équipe d'avocats a également pu rencontrer le président Win Wyint, renversé par la junte, pour discuter des charges portées contre lui.

L'audience de ce lundi avait pour unique objectif de permettre aux mis en cause de rencontrer leurs défenseurs et le juge qui la présidait a renvoyé la séance au 7 juin, a précisé l'avocat.

La Birmanie est plongée dans le chaos depuis que l'armée a pris le pouvoir, avec des manifestations quotidiennes, des marches et des grèves dans tout le pays. La junte a durement réprimé ces manifestations, tuant, selon le groupe d'activistes de l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, plus de 800 personnes.

Le leader de la junte, Min Aung Hlaing, a pour sa part chiffré à environ 300 le nombre de victimes dans une interview la semaine dernière.

(Reuters Staff, version française Lucinda Langlands-Perry et Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)

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