Biodiversité : où chercher des espèces encore inconnues ?

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Si l'on s’alarme avec raison de la disparition rapide des espèces, une vaste partie du vivant reste encore inconnue à ce jour. Les scientifiques ont répertorié près de deux millions d’espèces, mais on estime leur nombre total entre 3 à 100 millions. Un chiffre assez incroyable alors que l’on pensait avoir exploré le moindre recoin de notre Planète.

Mario Moura et Walter Jetz, deux biologistes de l’université de Yale, ont entrepris de cartographier ces endroits de la planète les plus susceptibles d’accueillir ces espèces inconnues. Ils ont pour cela compilé des données de 32.000 vertébrés terrestres connus, comprenant leur emplacement, leur aire de répartition géographique, les dates de découverte historique et d'autres caractéristiques environnementales et biologiques (taille corporelle, température, densité humaine…). Ils ont ensuite élaboré un modèle extrapolant où et quels types d'espèces parmi les quatre principaux groupes de vertébrés ont les plus grandes chances d'être encore identifiés.

Potentiel d’espèces restant à découvrir pour chacun des groupes de vertébrés analysés. © Mario Moura et Walter Jetz, Nat Ecol Evol (2021)
Potentiel d’espèces restant à découvrir pour chacun des groupes de vertébrés analysés. © Mario Moura et Walter Jetz, Nat Ecol Evol (2021)

Wanted : amphibiens et reptiles

« Les chances d'être découverte et décrite ne sont pas égales entre les espèces, explique Mario Moura. Par exemple, l'émeu, un grand oiseau en Australie, a été découvert en 1790 peu après le début des descriptions taxonomiques des espèces. À l’inverse, la petite espèce de grenouille Brachycephalus guarani n'a été découverte au Brésil qu'en 2012, ce qui suggère qu'il reste encore plus d'amphibiens de ce type à trouver. »

De manière générale, les grands animaux ayant une large aire de répartition géographique dans les zones peuplées sont plus susceptibles d'avoir déjà été découverts. « Les nouvelles découvertes de ces espèces seront probablement rares à l'avenir », reconnaît Mario Moura. Les petits animaux ayant une aire de répartition limitée et vivant dans des régions plus inaccessibles sont au contraire plus...

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