Le biochar est l'une des solutions au dérèglement climatique. Bonne nouvelle : il décolle industriellement

Ce résidu du traitement de végétaux par thermolyse stocke durablement le CO2 dans les sols, améliore les rendements agricoles et permet aux industriels d’absorber plus de gaz à effet de serre qu’ils n’en émettent. Mature, la technologie commence cette année à se diffuser en France et en Europe.

BILAN NEGATIF. Biochar est peut-être un concept qui va devenir très usité dans les années à venir. Cette fusion des mots "biologique" et "charbon" ressemble à première vue à un oxymore. Ce serait plutôt un mouton à cinq pattes tant les vertus qui sont prêtées à ce résidu de thermolyse sont multiples et gagnantes pour la lutte contre le changement climatique. sur les moyens à mettre en œuvre pour maintenir la température mondiale en dessous de 1,5°C. Derrière l’absolue nécessité de cesser toute combustion de charbon fossile, de pétrole et de gaz naturel, le GIEC pousse à la replantation massive d’arbres, aux biocarburants associés à la capture et stockage de CO2 et enfin au biochar. Ce sont les trois seules solutions qui permettent non pas d’avoir un bilan neutre en gaz à effet de serre, mais bien négatif.

Schéma de principe du procédé hynoca. La thermolyse produit à la fois du biogaz et un co-produit utilisable en agriculture. Copyright Haffner Energy

Comment le biochar fait-il pour capter plus de carbone qu’il n’en est émis ? La méthode consiste à chauffer de la biomasse naturelle (bois, résidus des récoltes, déchets verts divers) à une température de 500°C dans une atmosphère privée d’oxygène. Cette carbonisation (et non combustion) génère un bouquet de gaz, principalement du méthane associé à du monoxyde de carbone et de l’hydrogène. Ce mélange peut être directement brûlé pour produire de la chaleur ou de l’électricité via une turbine, une fraction du gaz servant à alimenter le procédé de thermolyse afin que le système soit énergétiquement autonome. "Mais nous proposons aussi un système couplé à un électrolyseur, expose Philippe Haffner, directeur général de une société spécialiste de la combustion de biomasse basée à Vitry-le-François (Marne). Les gaz sont traités à 1000 degrés en présence de vapeur d’eau selon la réaction WGSR (water gas shift reaction) afin de produire un hydrogène extrêmement pur". Ce couplage intégré de deux technologies très utilisées dans[...]

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