Le binge drinking chez les adolescents nuit au développement cérébral

Cette consommation importante d'alcool durant l'adolescence perturbe les connexions synaptiques. Les jeunes buveurs sont ainsi plus exposés aux troubles mentaux.

On parle de binge drinking lorsqu'une personne a une consommation régulière et importante d'alcool, dépassant les 0,8 g d'alcool par litre de sang à chaque prise (4 verres pour une femme, 5 pour un homme) au moins 5 fois par mois. Cette pratique, qui se développe chez des adolescents, est associée chez eux à un risque accru de troubles psychologiques et de dépendance alcoolique plus tard dans la vie. Elle a des effets à long terme sur le cerveau, dans une période critique de son développement.

Une équipe de chercheurs de l’Université de l’Illinois a montré que certains de ces effets à long terme sont le résultat de modifications épigénétiques qui altèrent l’expression d’une protéine cruciale dans la formation et le maintien des connexions dans l’amygdale, une partie du cerveau impliquée dans les émotions, la peur et l’anxiété. Ces résultats sont publiés dans la revue .

L'alcool perturbe la production d'une protéine clé du développement cérébral

L’épigénétique fait référence à des changements chimiques à la surface de l’ADN ou de l’ARN qui modifie l’activité des gènes, la façon dont ils s'expriment. Les altérations épigénétiques ont une influence sur la santé, et peuvent être provoquées par des facteurs environnementaux et sociaux, comme l’alcool et le stress. Elles débouchent sur des changements dans le comportement des individus et parfois sur des pathologies.

Au cours de l'étude, l'équipe dirigée par l'épigénéticien Subhash Pandey a travaillé sur du tissu cérébral humain post-mortem. Les chercheurs ont comparé les amygdales de 44 individus, divisés en trois groupes. Le premier groupe comprenait 11 individus ayant commencé à pratiquer le binge drinking avant l’âge de 21 ans, le second 11 individus ayant commencé après 21 ans, et le troisième 22 personnes n’ayant jamais pratiqué le binge drinking.

Les chercheurs ont trouvé dans l'amygdale des membres du premier groupe 30% de plus d’[...]

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