Birmanie : le coup de force surprise de l’armée contre Aung San Suu Kyi

De notre correspondant en Asie, Jérémy André
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Un réfugié birman vivant en Thaïlande brandit un portrait d'Aung San Suu Kyi devant l'ambassade birmane à Bangkok le 1er février 2021.
Un réfugié birman vivant en Thaïlande brandit un portrait d'Aung San Suu Kyi devant l'ambassade birmane à Bangkok le 1er février 2021.

Où va la Birmanie ? Le pays s'est réveillé ce premier jour de février frappé par un coup militaire, aussi soudain qu'impressionnant par sa dimension. Aung San Suu Kyi, l'égérie démocrate qui dirigeait le pays depuis 2016, Prix Nobel de la paix 1991 au prestige terni par son soutien public à l'armée ayant commis des actes de génocide contre la minorité musulmane des Rohingyas, a été arrêtée par ceux-là mêmes qu'elle défendait, ainsi que de très nombreuses figures de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), de la société civile et des minorités.

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Se justifiant par des accusations ? non étayées ? de fraudes électorales massives lors des élections de novembre 2020, largement remportées par la LND, les militaires ont en outre déclaré un État d'urgence d'un an, jusqu'à l'organisation d'un nouveau scrutin. La capitale, Naypyidaw, est désormais quadrillée de barrages et de blindés, les banques du pays ont annoncé fermer le rideau, tandis que des files interminables s'étiraient devant les distributeurs de billets à Yangon, la principale ville du pays. Tandis qu'Internet a été coupé durant plusieurs heures en début de journée lundi, un appel d'Aung San Suu Kyi à manifester circule sur les réseaux sociaux ? son authenticité reste cependant contestée.

Humiliation

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