Bill Hwang, ex-patron du fonds d’investissement Archegos, reconnu coupable de fraude

Au terme d’un procès de deux mois “qui a captivé Wall Street”, Bill Hwang, de son vrai nom Sunn Kook-hwang, a été reconnu coupable de fraude et de manipulation de marché, lundi 8 juillet, par un tribunal de Manhattan.

L’ex-patron du fonds d’investissement Archegos était accusé d’avoir escroqué plusieurs banques “en leur mentant sur l’activité de trading de sa société et le niveau de risque de son portefeuille”, rapporte Bloomberg. En 2021, la faillite d’Archegos avait notamment coûté 5,5 milliards de dollars à Credit Suisse, précipitant le naufrage de la deuxième banque helvétique, rachetée depuis par sa rivale UBS.

En empruntant des milliards de dollars tout en cachant à ses créanciers les positions qu’il prenait, Bill Hwang avait réussi à multiplier par quatre, en un temps record, la valorisation de Viacom CBS, le conglomérat qui réunissait les sociétés dans lesquelles il avait investi sa fortune. Mais en mars 2021, l’action Viacom s’effondrait, provoquant la faillite d’Archegos. En deux jours, le financier perdait “de 20 à 30 milliards de dollars” – jamais personne n’avait perdu “autant d’argent en si peu de temps”, souligne Bloomberg.

“Mentir faisait partie du job”

Hwang passait pourtant jusque-là pour “le meilleur trader dont on n’avait jamais entendu parler”, rappelle Le Temps. Mais la faillite de son family office (sorte de banques privées pour les très grandes fortunes) a fait soudain disparaître quelque 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, “lésant les autres actionnaires de ces entreprises et les établissements qui avaient fait affaire avec Archegos, principalement des banques”. Au nombre desquelles Morgan Stanley, la banque japonaise Nomura ou encore Credit Suisse – la plus touchée – et UBS, sa rivale, “qui a perdu également des plumes dans l’affaire à hauteur de 861 millions de dollars” prêtés au fonds d’investissement de Bill Hwang.

Devant le tribunal fédéral de Manhattan, les principaux témoins de l’accusation étaient l’ancien responsable des risques et l’ex-chef des opérations de Bourse d’Archegos. Tous deux ont reconnu avoir menti aux banques pour minimiser le risque représenté par la société et lui permettre de continuer à emprunter, indique The Wall Street Journal. “Mentir faisait partie du job”, a souligné le procureur.

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