COP27 : pourquoi le bilan est mitigé

AFP - Ludovic MARIN

Sans avancées sur la question de la diminution des émissions de gaz à effet de serre, la conférence des parties (COP) qui vient de se terminer à Charm el-Cheikh (Egypte) enregistre cependant la création d’un fonds dédié à la réparation des pertes et dommages déjà subis par les pays du sud.

Dans la longue série des fins mélodramatiques des COP, le scénario écrit en Egypte mérite évidemment une palme. Après un débordement de 37 heures du temps alloué à la négociation, la communauté internationale a accouché d’un fonds destiné à indemniser très rapidement les dégâts et pertes causés par des évènements extrêmes provoqués par les teneurs croissantes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ce faisant, la Convention onusienne sur le climat et les 195 Etats qui en sont membres évitent un échec cinglant et basculent dans une autre dimension. Le changement climatique n’est plus à risque à l’horizon de la fin du siècle mais bien un fléau qui impacte dès à présent l’humanité dans son ensemble.

Dans un contexte international tendu marqué par la crise du Covid-19, la hausse du prix de l’énergie et la guerre en Ukraine, la création d’un tel fonds constitue un des rares signes de reprise d’une coopération internationale altérée par une prise en compte croissante des seuls intérêts domestiques notamment dans les pays développés. "Clairement, ce fonds n’est pas suffisant, mais c’est un signal politique essentiel pour reconstruire la confiance brisée", a reconnu Antonio Gutteres dans son adresse finale aux négociateurs de la COP, le dimanche 20 novembre 2022. "C’était une COP pour refaire le lien nord/sud et les signaux devaient venir du nord mis sous pression par le fait que les pays du sud ont montré en s’abstenant lors des votes à l’ONU sur le conflit en Russie qu’ils avaient une voix qui compte, décrypte Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Les pays riches n’ont toujours pas rempli leur promesse d’accorder 100 milliards de dollars par an aux pays du sud pour qu’ils s’adaptent au changement climatique". Le montant de ces dons annuels est actuellement de 83 milliards de dollars et l’enveloppe devrait être remplie au plus tard en 2024 selon les énièmes promesses des pays développés.

Les [...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi