Le bilan carbone, cette machine à culpabiliser

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PODCAST - Sobriété. C’est le mot tendance avec lequel les Français sont exhortés, tant par les pouvoirs publics que par les entreprises, à faire des économies d’énergie dans le contexte de la guerre en Ukraine. Faire porter la responsabilité de la sobriété aux consommateurs n’a rien de nouveau. Saviez-vous que la notion de « bilan carbone individuel » a été popularisée dans les années 2000 par des industriels afin que chacun réduise sa consommation ? Mais alors, à qui profitent vraiment nos petits gestes pour la planète ? Pour le savoir, écoutez ce nouveau (et ultime) épisode de l’Enver(t) du décor.

Le bilan carbone individuel, soit la moyenne des émissions de CO2 émise par une personne en une année, est un repère pour les politiques écologiques. En France, on est à 10 tonnes par habitant et par an. Le Giec nous dit que c’est beaucoup trop et fixe l’objectif à 2 tonnes par an afin de limiter le réchauffement à « maximum 2 °C », comme le prévoit l’Accord de Paris. En clair, on devrait diviser par 5 nos émissions de CO2 individuelles. Un défi de taille qui interroge : peut-on réellement l’atteindre seulement avec des petits gestes ?

Dans cet épisode, on vous explique que non, faire pipi sous la douche et pédaler pour se rendre au travail ne suffira pas. Un rapport du think thank écolo Carbon4 montre même qu’un comportement héroïque généralisé à tous les citoyens, où tout le monde mangerait végétarien et ne prendrait pas l’avion, ne permettrait pas de respecter l’objectif de 2 °C de l’Accord de Paris.

Il y a trop de solutions qui semblent parfaites alors qu’elles risquent d’aggraver les choses

Foutu pour foutu, on baisse les bras ? Tout n’est pas perdu, selon César Dugaste, coresponsable du pôle « neutralité carbone » de Carbon 4. Il nous explique que si les politiques mettent en place des mesures et infrastructures suffisantes (pistes cyclables dans les villes, alternative végétarienne dans les cantines...) et que les industriels se retroussent les manches pour eux aussi devenir plus sobres, la société peut parvenir à une transition. Bref, limiter le réchauffement nécessite une transformation sociétale où tous les acteurs font des efforts.

Se focaliser uniquement sur les émissions des citoyens ne résoudra donc pas le problème du climat. Comme toujours, la solution n’est pas unique et bien plus complexe. « C’est d’ailleurs pour ça que l’on a créé ce podcast il y a deux ans, ce n’est pas seulement parce que la planète va mal. C’est parce qu’on agit souvent n’importe comment, même quand on veut bien faire. C’est parce qu’il y a trop de solutions qui semblent parfaites alors qu’elles risquent d’aggraver les choses. C’est parce qu’il y a trop de sujets difficiles, compliqués, mais dont tout le monde devrait être au courant », conclut Grégory Rozières, co-créateur avec Matthieu Balu de l’Enver(t) du décor, qui tire sa révérence sur ce 53e épisode.

Sources utilisées dans ce podcast :

  • Interview de César Dugaste, co-responsable du pôle « Neutralité carbone » du think thank Carbon 4

  • Un article du Guardian sur l’origine de l’empreinte carbone

  • Le consortium récent (incluant Total) sur la « sobriété énergétique »

  • Une étude sur la responsabilité des industriels dans le réchauffement climatique

  • Une analyse parue dans Libération sur l’empreinte carbone

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