Bientôt un procès du couple Fillon : «Il n’y a pas eu de big bang éthique», regrette Anticor

Nicolas Berrod (@NicolasBerrod)
François Fillon et son épouse arrivent à un meeting à Paris, le 29 janvier 2017, soit quelques jours après les révélations sur un emploi fictif présumé de Pénélope Fillon

Le président de l’association anti-corruption émet des réserves sur les mesures de moralisation de la vie politique, adoptées quelques mois après le début de l'affaire Fillon.


Deux ans d’instruction, et un procès à venir dans les prochains mois. L’affaire Fillon se jouera au tribunal, après la décision des juges du pôle financier de Paris de renvoyer l’ancien candidat à la présidentielle et son épouse devant la justice.

Plusieurs mesures pour moraliser la vie politique ont déjà été prises après les révélations fin janvier 2017 sur l’emploi fictif présumé de Pénélope Fillon, comme cela avait le cas après l’affaire Cahuzac. Mais ces avancées restent insuffisantes aux yeux de Jean-Christophe Picard , président de l’association Anticor.

Que vous inspire ce renvoi en correctionnelle du couple Fillon ?

Jean-Christophe Picard : Cette affaire montre l’efficacité du Parquet national financier, les choses ont été vite alors ce n’est pas toujours le cas dans ce genre d'enquêtes impliquant des politiques. Il y avait beaucoup d’éléments à charge et les éléments de défense sont apparus assez minces, donc ce n’est pas étonnant qu’un procès ait lieu.

Quel impact a eu cette affaire sur la moralisation de la vie politique ?

En plus d’avoir eu un impact incontestable sur la présidentielle, cette affaire a aussi pesé sur la loi de moralisation de la vie politique voulue par Emmanuel Macron [et adoptée en août 2017, NDLR]. Une des rares avancées de cette loi était de réduire les recrutements familiaux, donc c’était vraiment en lien avec l’affaire Fillon.

Mais si cette loi a permis de toiletter certaines mauvaises habitudes, elle n’a pas eu l’impact qu’elle aurait dû avoir. Il y avait beaucoup d’autres choses à faire pour moraliser vraiment la vie politique.

À quelles mesures pensez-vous ?

Concernant les emplois familiaux, il faudrait ne pas se limiter au Parlement car on voit qu’il y a beaucoup de recasages dans les collectivités locales. Il aurait aussi été intéressant de rendre (...)

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