Biennale de Venise: Pavlo Makov, un artiste ukrainien dans la guerre

Pavlo Makov, 63 ans, est l'artiste ukrainien choisi de longue date pour représenter son pays à la Biennale des arts de Venise. La plus grande manifestation artistique au monde dure jusqu'au mois de novembre. Il y est arrivé de justesse et son œuvre a pu être sortie de manière assez rocambolesque après le début de la guerre déclenchée par la Russie.

Pavlo Makov enchaine les interviews dans un débit ultra rapide, avec ce sentiment d'urgence qui ne le quitte plus depuis le début de la guerre. Depuis l'invasion russe, sa famille, comme de nombreuses familles ukrainiennes, est dispersée aux quatre coins de l'Europe. Ce qui aurait dû être un honneur et une fête - représenter son pays à la Biennale d'art de Venise - s'est transformé en tribune pour la survie de l'Ukraine devant son œuvre intitulée Fontaine de l'épuisement.

« Quand je parle d’épuisement, je ne parle pas seulement de politique ou de notre vie sociale, je parle d’épuisement de notre relation à la nature. On parle de la guerre maintenant, mais la glace continue de fondre dans le Grand Nord. »

« Sentir les choses avant les autres »

Sa Fontaine de l'épuisement, composée de 78 entonnoirs de bronze dans lesquels l'eau n'arrive plus à ruisseler, est arrivée jusqu'à Venise grâce à la détermination d'une des commissaires de l'exposition qui lui a fait traverser une partie de l'Europe dans sa voiture.

« La grande différence avec les artistes, ce n’est pas qu’ils dessinent ou écrivent mieux que les autres, c'est qu'ils pensent plus vite. Sentir les choses avant les autres, c’est le trait principal d’un artiste. Les politiques devraient y prêter attention. Cela peut aider. Mais je suis pragmatique. Et pour aider, j’envoie la plus grande partie de mes revenues en Ukraine, à l’armée, aux volontaires, et à mes amis sur place. Notre combat se joue sur le front, pas ici. »

En attendant, c'est ici devant la Fontaine de l'épuisement signée Pavlo Makov, triste métaphore de la situation du monde, que la foule se presse.

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