Les bienfaits paradoxaux de l'interdiction de la pêche

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Dans les aires marines protégées, la tranquillité retrouvée des crustacés permet d'améliorer la reproduction et de reconstituer les stocks.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°889 daté mars 2021.

Interdites aux pêcheurs, les aires marines protégées n'en sont pas moins bénéfiques à ces derniers. La preuve vient d'en être apportée par des scientifiques de l'université de Californie à Santa Barbara (États-Unis). Ils ont montré en effet que la tranquillité retrouvée des crustacés permet d'améliorer la reproduction et de reconstituer les stocks. Leur étude, publiée dans Scientific Reports, a porté sur deux zones situées au large de Santa Barbara qui ont été classées aires marines protégées en 2012. Les pêcheurs ont alors perdu 35 % des surfaces où ils pouvaient déposer leurs casiers à langoustes. Les chercheurs ont observé les nouvelles habitudes des professionnels et ont compilé leurs déclarations de prises transmises à l'administration de l'État de Californie.

Des prises durables plus importantes

Les résultats sont édifiants : les prises ont crû de 225 % entre 2012 et 2018 avec toujours plus de pêcheurs, puisque dans le même temps le nombre de bateaux a augmenté de 250 %. Pour s'assurer que les langoustes venaient bien de l'aire marine protégée, les chercheurs ont marqué 17.000 crustacés et demandé aux pêcheurs de les alerter en cas de prise. "Nos données suggèrent que les aires marines protégées assurent des prises durables plus importantes", estiment Hunter Lenihan et Dan Reed, auteurs de l'étude. Mais ils restent prudents, soulignant que leur résultat ne vaut que pour une espèce précise et sur une zone littorale particulière. Prouver l'effet bénéfique des aires marines protégées exigera encore de nombreuses études. Mais ce résultat tombe à point nommé avant la quinzième réunion de la Convention internationale sur la biodiversité qui doit se tenir fin mai à Kunming, en Chine. Y sera notamment discuté un objectif de protection de 30 % de toute la surface des mers.

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