Biden et le Japonais Suga affirment leur unité face à la Chine

par Trevor Hunnicutt, David Brunnstrom et Matt Spetalnick
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BIDEN ET LE JAPONAIS SUGA AFFIRMENT LEUR UNITÉ FACE À LA CHINE

par Trevor Hunnicutt, David Brunnstrom et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Joe Biden et le Premier ministre japonais Yoshihide Suga ont promis vendredi de faire front face aux défis posés selon eux par la Chine.

Le président américain a saisi sa première rencontre officielle avec un dirigeant étranger à la Maison blanche depuis son investiture pour prolonger ses efforts afin de renforcer des alliances distendues sous le mandat de son prédécesseur, Donald Trump.

La Chine a dominé l'agenda, les deux dirigeants abordant une série de questions géopolitiques sensibles, notamment le détroit de Taïwan, sur lequel la Chine exerce une pression par des manoeuvres militaires dans la région.

Joe Biden et son invité ont réaffirmé "l'importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan", selon les termes du Premier ministre japonais.

Le président américain a pour sa part qualifié de "productives" ses discussions avec Yoshihide Suga.

"Aujourd'hui, le Premier ministre Suga et moi-même avons affirmé notre soutien sans faille à l'alliance américano-japonaise et pour notre sécurité commune", a déclaré Joe Biden lors d'une conférence de presse conjointe.

"Nous avons pris l'engagement d'oeuvrer ensemble face au défis de la Chine et sur des sujets comme la mer de Chine orientale et la mer de Chine méridionale, de même que la Corée du Nord, afin de garantir un avenir de liberté et d'ouverture pour la zone indo-pacifique", a-t-il ajouté.

Le traitement réservé par Pékin aux Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang et la volonté de Pékin de renforcer sa mainmise sur Hong Kong ont également figuré au menu des débats.

Les Etats-Unis et le Japon sont convenus de la nécessité de discuter franchement avec la Chine dans le contexte des activités de Pékin dans la région indo-pacifique, a déclaré Yoshihide Suga.

LA CHINE RÉAGIT FERMEMENT

La Chine n'a pas tardé à réagir sous la forme d'un communiqué de son ambassade à Washington, affirmant son "opposition résolue" à la déclaration commune des Etats-Unis et du Japon et qualifiant Taïwan, Hong Kong et le Xinjiang d'affaires intérieures de la Chine.

Les positions du Japon et des Etats-Unis "dépassent largement le cadre de relations bilatérales normales" et menacent les intérêts de parties tierces ainsi que la paix et la stabilité dans la zone Asie-Pacifique, lit-on dans le communiqué.

Le sommet de Washington est intervenu quelques jours après les manoeuvres militaires ménées par un groupe aéronaval chinois près de Taïwan, île démocratique que Pékin revendique comme une province renégate pour laquelle il n'exclut pas le recours à la force.

"Je m'abstiens de donner des détails en raison de la nature diplomatique des échanges mais il y a déjà une reconnaissance mutuelle entre le Japon et les Etats-Unis de l'importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan, qui a été réaffirmée à cette occasion", a déclaré le Premier ministre japonais.

La question de la technologie, qui crée des frictions avec la Chine, a également été abordée avec l'annonce par les Etats-Unis et le Japon d'investissements communs dans des domaines comme la 5G et l'intelligence artificielle.

"Le Japon et les Etats-Unis sont tous deux profondément investis dans l'innovation et regardent vers l'avenir", a dit Joe Biden. "Cela comprend la nécessité d'investir dans des technologies qui maintiendront et renforceront notre compétitivité mais aussi de les protéger."

La rencontre avec le Premier ministre japonais et un autre sommet prévu en mai avec la Corée du Sud s'inscrivent dans la volonté de Joe Biden du dynamiser le dialogue avec l'Australie, l'Inde et le Japon, un groupe connu sous le nom de Quad, mais aussi avec la Corée du Sud, pour s'opposer à la Chine et à la Corée du Nord.

(Version française Patrick Vignal)