Biden condamne une "insurrection" à Washington

par Patricia Zengerle et Jonathan Landay
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BIDEN CONDAMNE UNE "INSURRECTION" À WASHINGTON

par Patricia Zengerle et Jonathan Landay

WASHINGTON (Reuters) - Les forces de l'ordre s'efforçaient d'évacuer mercredi le Capitole envahi dans l'après-midi par des centaines de partisans de Donald Trump qui sont parvenus à interrompre la procédure de certification qui devait aboutir à l'officialisation de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de novembre dernier.

Galvanisés par l'intervention de Donald Trump lors d'une manifestation organisée à Washington, des centaines de contestataires ont franchi le maigre cordon de sécurité qui protégeait le bâtiment où se réunissaient les élus américains qui ont, dans la foulée, interrompu leurs travaux.

L'un des manifestants est parvenu jusqu'au siège habituellement occupé par le président du Sénat d'où il hurlé que "Trump a gagné cette élection".

Pour Joe Biden, qui a remporté l'élection du 3 novembre avec 7 millions de voix d'avance, le comportement des manifestants est sans contestation possible "à la limite de la sédition".

"Ce n'est pas une manifestation, c'est une insurrection", a déclaré l'ancien vice-président.

"Je demande à cette foule de se retirer et de laisser la démocratie faire son oeuvre", a ajouté Joe Biden, priant au passage le président en exercice de se présenter à la télévision pour que "cesse le siège".

"INSURRECTION A WASHINGTON APRES LES ENCOURAGEMENTS DE TRUMP"

Réagissant dans une vidéo publiée sur Twitter, Donald Trump a réaffirmé que sa victoire lui avait été volée tout en demandant à ses partisans de quitter les lieux.

"Vous devez rentrer chez vous, nous avons besoin de paix", a-t-il dit.

Réunis en Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat américains avaient ouvert plus tôt la procédure visant à certifier le résultat du vote des grands électeurs qui a abouti en décembre à la désignation de Joe Biden comme vainqueur de la présidentielle de novembre.

Plusieurs élus républicains, appartenant tant à la Chambre qu'au Sénat, avaient ont prévenu qu'ils entendaient contester ce résultat et jouer leur dernière carte pour empêcher Joe Biden de succéder à Donald Trump, qui affirme depuis deux mois qu'on lui a volé sa victoire sans l'avoir jamais prouvé.

Leurs travaux ont été interrompus lorsqu'une foule d'émeutiers s'est approchée du Capitole avant d'y pénétrer, conduisant des policiers acculés à sortir leurs armes à feu. Selon plusieurs médias américains des coups de feu ont été tirés et une personne, au moins, a été blessée.

Sur CNN, où peu de commentateurs cachent leur hostilité à l'encontre de Donald Trump, des journalistes médusés ont évoqué une "tentative de coup d'Etat" et accusé le président américain d'être responsable et d'avoir encouragé l'insurrection.

De fait, Donald Trump avait électrisé quelques heures plus tôt la foule réunie non loin de la Maison blanche en dénonçant les médias et Hillary Clinton, son adversaire de la présidentielle de 2016, ou en présentant les victoires électorales démocrates comme des "explosions de conneries".

Parmi ces manifestants figuraient un certain nombre de membres de groupes d'extrême droite dont certains appartiennent au mouvement des "Proud Boys" dont le chef, Enrique Tarrio, a été mis à l'écart de la capitale américaine par les autorités locales.

Consciente des risques, les autorités de Washington avaient demandé aux partisans du président américain de ne pas se munir d'armes à feu.

(Avec Susan Cornwell, Susan Heavey, Richard Cowan et Tim Ahmann; version française Nicolas Delame)