"Un bicot, ça ne nage pas": quatre mois avec sursis requis contre un policier

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Quatre mois de prison avec sursis ont été requis pour le policier qui avait proféré des injures racistes lors de l'interpellation d'un Égyptien en avril 2020.

Le ministère public a requis ce jeudi au tribunal de Bobigny quatre mois de prison avec sursis contre le policier qui avait proféré des injures racistes lors de l'interpellation d'un Égyptien en avril 2020 en déclarant qu'"un bicot comme ça, ça ne nage pas". 

"Un policier a un devoir d'exemplarité", a fait valoir le procureur Loïc Pageot, qui a aussi réclamé une amende de 1.000 euros.

Contre les six autres fonctionnaires de police poursuivis pour des violences sur citation directe de la partie civile, le ministère public n'a pas requis de condamnation, faute de preuve formelle. "Personne n'a vu ce qui s'est passé", a-t-il relevé.

"Un bicot comme ça, ça nage pas"

Le 26 avril 2020 vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) un ressortissant égyptien soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine. Sur les faits de vol, l'affaire a été classée sans suite.

Après avoir sorti le jeune homme du fleuve, un des policiers avait déclaré: "Un bicot comme ça, ça nage pas", selon une vidéo captée par un riverain et diffusée par le journaliste Taha Bouhafs sur les réseaux sociaux.

"Ha ! ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied", pouvait-on également y entendre.

Des associations antiracistes parties civiles

"J'allais mourir", a expliqué Samir Elgendy à la barre, aidé d'une interprète. Ce dernier a expliqué être sorti "seul de l'eau".

Une fois sur la berge, "ils m'ont tous frappé", a martelé le jeune homme. Les violences se sont poursuivies "dans le fourgon" et "tout au long du chemin pour aller au commissariat", a affirmé l'ouvrier dans le BTP, âgé de 29 ans.

C'est "une blague de mauvais goût", s'est défendu le fonctionnaire de police qui a usé du terme "bicot". "J'avais besoin de décompresser et faire marrer la galerie", a déclaré le policier de 26 ans, qui fait partie des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine.

Quatre associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont portées parties civiles dans cette affaire. 

Les sept policiers poursuivis, âgés entre 26 et 35 ans, ont tous réfuté des violences à l'égard de Samir Elgendy. Deux des policiers ont été sanctionnés administrativement en octobre par cinq jours d'exclusion ferme.

Article original publié sur BFMTV.com

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