Biathlon: trou d'air pour Simon, Herrmann-Wick victorieuse de la poursuite à Anterselva

Pour la dernière course individuelle avant les Mondiaux en février, une soudaine faillite au tir, avec un piètre 13/20, a valu à Julia Simon son moins bon résultat de l'hiver, 18e de la poursuite à Antholz-Anterselva (Italie) samedi.

Tout a déraillé dès le premier tir couché pour la leader du classement général de la Coupe du monde de biathlon, qui s'était élancée en neuvième position, avec moins de trente secondes de retard sur la tête héritées du sprint de jeudi : elle y a commis trois fautes, soit autant de cibles manquées en un seul tir que depuis le début de la saison dans cette position.

Deux fautes de plus couché, plus deux debout, et Simon a finalement terminé 18e, après plus d'un kilomètre parcouru sur l'anneau de pénalité (sept tours de 150 m), à 1 min 54 sec de l'Allemande Denise Herrmann-Wick, victorieuse samedi.

Malgré sa faillite au tir, la Française de 26 ans conserve le dossard jaune de leader du classement général mais son avance sur la Suédoise Elvira Oeberg, sa rivale N.1, a fondu dans les montagnes italiennes de 141 à 76 points (811 points contre 735).

Car Oeberg, pourtant malade la semaine précédente, est montée sur la troisième marche du podium samedi, comme deux jours plus tôt en sprint.

- Pas de points en jeu à Oberhof -

Devant, Herrmann-Wick, 18/20 derrière la carabine, s'est imposée avec 11 secondes d'avance sur l'Italienne Lisa Vittozzi, elle auteure d'un sans-faute, et 17 sec 2/10e sur Oeberg (deux fautes).

A quoi attribuer l'inattendue faillite au tir de Simon, qui affichait 98% de réussite au tir couché cette saison avant samedi ? Faut-il y voir un coup de moins bien physique au bout de trois intenses semaines de compétition et sur le site le plus en altitude de la Coupe du monde ? De la fatigue mentale liée à son nouveau statut de sérieuse prétendante au gros globe de cristal ?

Difficile à dire, puisque la Savoyarde s'est éclipsée en vitesse et a évité les questions après sa course. Mais la première piste ne semble pas celle à privilégier, Simon ayant réussi le troisième meilleur temps de ski samedi.

En tout cas, la Française n'était plus sortie du top 15 depuis le premier sprint de l'hiver tout début décembre à Kontiolahti, en Finlande (16e).

Simon aura une occasion de reprendre ses esprits dès dimanche : elle conclura le relais féminin, selon la composition annoncée par l'encadrement français.

Puis - nouveauté de la saison - aux Mondiaux, organisés du 8 au 19 février à Oberhof (Allemagne), il ne sera plus question de points à marquer dans la lutte pour le gros globe.

- "Janvier fou" pour Boe -

Soupe à la grimace également du côté des Bleus, puisque qu'aucun ne s'est hissé dans le top 10 de la poursuite masculine. Quentin Fillon Maillet et Emilien Jacquelin, quatre cibles manquées pour le premier et cinq pour le deuxième, se sont classés respectivement 13e (+2:45.4) et 14e (+2:57.3). Jacquelin s'était élancé en sixième position, avec plus d'une minute de retard héritée du sprint de la veille, et QFM en vingtième (+1:47.).

"C'est sûr qu'une 13e place comme meilleure performance pour le groupe masculin, ça change des dernières années... On a connu des plus belles heures, on est capable de faire bien mieux, on doit se remettre en question", reconnaît Jacquelin au micro de la chaîne L'Equipe.

Les Bleus ne totalisent que quatre podiums depuis le début de l'hiver (1 pour QFM, 3 pour Jacquelin) et aucune victoire.

Johannes Boe, lui, vit "un mois de janvier fou" : le Norvégien va aborder les Mondiaux invaincu en 2023 après son onzième succès individuel de la saison, déjà son sixième de l'année civile qui vient de s'ouvrir. Parti avec plus de trente secondes de marge, il n'a laissé aucune chance à ses adversaires samedi : avec un 18/20 au tir, il s'est imposé devant son compatriote Sturla Laegreid (20/20, +40.2) et le Suédois Martin Ponsiluoma (2 fautes, +1:2.1).

Boe, désormais 219 points d'avance sur Laegreid (1139 contre 920 points) au classement général, file tout droit vers un quatrième gros globe de cristal. Les trois dernières étapes de Coupe du monde sont programmées en mars.

es/bvo