Biélorussie: malgré les critiques, Loukachenko veut son Mondial de hockey sur glace

·2 min de lecture

Le hockey sur glace est un sport qu’Alexandre Loukachenko apprécie et qu’il pratique avec ses invités de marque, comme Vladimir Poutine. Son pays, doit, en principe organiser le Mondial-2021 de hockey sur glace, fin mai-début juin, conjointement avec la Lettonie. Mais de nombreuses voix s’élèvent pour priver la Biélorussie de Mondial pour protester contre la répression du mouvement de contestation. Une pression que le président biélorusse estime injuste, comme il l’a confié au patron de la Fédération internationale de hockey sur glace, René Fasel en visite à Minsk.

Accolade chaleureuse, long serrage de main, large sourire, Alexandre Loukachenko reçoit dans son palais présidentiel René Fasel, qu’il appelle son « ami ». Son service de presse a diffusé des images du début de la rencontre avec le patron suisse de la Fédération internationale de Hockey sur glace qui avait déclaré fin décembre qu'il allait faire « tout ce qui est possible » pour que le Mondial-2021 se déroule bien en Biélorussie.

« Je veux t’assurer qu’il n’y a et qu’il n’y aura aucun danger en Biélorussie, ni concernant le coronavirus ni d’un point de vue politique. Ici, les manifestants et autres gens insatisfaits n'assaillent pas les bâtiments gouvernementaux et les Capitoles. Nous avons une situation tout à fait normale en ce qui concerne le développement du processus démocratique. En Biélorussie, tout va bien. Tu es une personne d’expérience et tu comprends ce qui se passe : on m’accuse de protéger mon pays et ma population. Mais c’est pour ça que j’ai été élu. »

Une élection pourtant très contestée : depuis le 9 août, les manifestations pour demander le départ d’Alexandre Loukachenko sont réprimées. Selon les ONG de défense des droits de l’homme, en cinq mois, 30 000 personnes ont été arrêtées, au moins quatre manifestants ont été tués et de nombreuses accusations d'actes de tortures par les forces de sécurité ont été documentées.

À lire aussi : Biélorussie: «Aidez-nous pour que Loukachenko ne transforme pas notre pays en camp de concentration»

Sur Telegram, Svetlana Tikhanovskaïa estime que ce championnat du monde servira de « paravent » aux « tortures » et aux « meurtres » du régime. Une « célébration sportive » ne peut pas se tenir dans un pays « où des prisonniers politiques croupissent dans des cachots à quelques kilomètres des patinoires », écrit l’opposante, appelant toutes les fédérations nationales au boycott de l'événément, s’il était organisé à Minsk.

À écouter aussi : Frontières biélorusses fermées: «La raison profonde est de rendre la Biélorussie hermétique à toute influence de l'étranger»