Biélorussie : l'Europe frappe le clan Loukachenko au porte-monnaie

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L'Union européenne a lancé mercredi la procédure pour sanctionner le président du Biélorusse Alexandre Loukachenko, son fils Viktor et treize autres responsables de la répression dans ce pays. Cette mesure aura notamment pour effet de geler les avoirs du président et de ses proches. Il est rarissime que l'UE sanctionne un dirigeant en exercice.

L'Union européenne a donné son feu vert mercredi 4 novembre pour interdire de visa et pour geler les avoirs d'Alexandre Loukachenko et de 14 autres responsables de la répression de l'opposition menée dans ce pays depuis la présidentielle du 9 août, a-t-on a appris de sources diplomatiques à Bruxelles.

Selon le site spécialisé EU-Observer, la famille Loukachenko aurait des intérêts dans deux sociétés immobilières à Chypre.

Le gel des avoirs entraîne le blocage des comptes bancaires et la confiscation des biens de la personne ou de l'entité sanctionnée et le gel des actifs d'une société contrôlée par cette personne.

La décision de sanctionner le président Loukachenko et son entourage avait été décidée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE le 12 octobre en raison du "refus des autorités biélorusses d'engager un quelconque dialogue avec l'opposition" qui conteste le résultat de la présidentielle, avait expliqué le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

L'UE n'a pas reconnu le résultat de l'élection présidentielle du 9 août.

Un mouvement de protestation historique

Le fils d'Alexandre Loukachenko, Viktor, est son conseiller pour la sécurité, et à ce titre, est considéré comme l'un des responsables de la répression menée dans ce pays.

La responsable de la communication du président Loukachenko, Natalia Esmont, son directeur de cabinet, Igor Sergeenko, le patron du KGB, Ivan Tertel et le chef des unités spéciales Alfa, Sergeï Zubvok figurent parmi les 13 collaborateurs sanctionnés.

Leurs noms vont s'ajouter aux 40 responsables, dont le ministre de l'Intérieur, sanctionnés par l'UE le 2 octobre.

L'opposition biélorusse demandait à l'UE de frapper au plus niveau pour contraindre le président Loukachenko de se retirer et permettre l'organisation d'une nouvelle élection.

Alexandre Loukachenko a déjà été interdit de séjour par l'UE, mais la sanction avait été levée en 2016 pour permettre un réchauffement des relations avec Minsk, membre du partenariat oriental avec 5 autres pays d'Europe orientale et du Caucase du Sud : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Ukraine et Moldavie. Il est exceptionnel que l'Union sanctionne un dirigeant en exercice.

Depuis sa réélection contestée le 9 août, le chef de l'État, 66 ans, dont vingt-six au pouvoir, fait face à un mouvement de protestation historique qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de manifestants, malgré les violences policières et des milliers d'arrestations.

Avec AFP