La Biélorussie ferme les frontières terrestres à ses ressortissants

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À partir de ce dimanche, les frontières terrestres de la Biélorussie sont fermées à tous les ressortissants du pays. Officiellement, cette mesure annoncée il y a dix jours a été prise pour combattre la pandémie du Covid-19. Mais l'opposition dénonce un pas de plus vers la répression du mouvement anti-Loukachenko.

« Un pays transformé en goulag […], une population réprimée par un nouveau rideau de fer ». La cheffe de l'opposition en exil Svetlana Tikhanovskaïa n'y va pas par quatre chemins. Les nouvelles restrictions de circulation n'ont rien à voir avec la pandémie, a-t-elle déclaré sur son compte Télégram. C'est le virus de la contestation du président Alexandre Loukachenko qui est visé.

Éviter la fuite des opposants

Selon Svetlana Tikhanovskaïa, l'objectif du régime est d'empêcher les opposants de fuir la répression et de partir à l'étranger comme elle-même l'avait fait il y a quelques mois pour s'installer en Lituanie. Et effectivement, pour vraiment combattre le Covid-19 il aurait fallu fermer les frontières aux voyageurs en provenance de l'extérieur.

Mais la mesure n'est appliquée que dans un seul sens. Elle concerne uniquement les ressortissants biélorusses qui ne pourront plus quitter le pays par voie terrestre. En revanche, les voyages en avion sont toujours permis, tout comme la circulation des chauffeurs routiers. Le gouvernement n’a pas précisé pour combien de temps il veut maintenir les mesures. Depuis le début du mouvement de contestation, le pays connait une fuite de cerveaux. De plus en plus de personnes émigrent vers l’Ukraine et les pays baltes.

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