Biélorussie: deux journalistes maintenues en détention après l'ajournement de leur procès

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Le procès de deux journalistes biélorusses a été ajourné à mardi prochain. Les deux jeunes femmes, employées de la télévision d’opposition Belsat, risquent trois ans de prison pour avoir, selon les autorités, « porté gravement atteinte à l'ordre public ». On leur reproche d'avoir filmé la dispersion d’une manifestation.

Leurs collègues et leurs proches dénoncent l’absurdité des faits qui leurs sont reprochés. Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, 23 et 27 ans, sont accusées par le parquet biélorusse d’avoir, avec leurs reportages et leur diffusion en direct, incité la population à aller manifester, ce qui a provoqué « des retards dans la circulation des transports en commun » et « causé des dégâts ».

La compagnie de transports publics Minsktrans a même fait les comptes et estime qu’elle a subi un préjudice de 11 562 roubles et 14 kopeks soit quelque 3 600 euros.

Correspondantes de la télévision d'opposition Belsat basée en Pologne, les deux jeunes femmes avaient été arrêtées par la police anti-émeutes le 15 novembre dans un appartement situé au 14ème étage d’un immeuble proche de la place dite des « Changements », un haut lieu de la contestation anti-Loukachenko depuis la présidentielle du 9 août. C’est de là qu’elles venaient de filmer la violente dispersion d'une manifestation d'hommage à Roman Bondarenko, un militant d'opposition tué quelques jours plus tôt.

Depuis leur arrestation, les journalistes sont incarcérées dans des conditions difficiles, entassées à 11 dans une cellule prévue pour 4, selon un reportage publié sur Belsat. Les audiences reprendront mardi prochain. En attendant, Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova retournent en prison et elles ne seront pas fixées sur leur sort avant la semaine prochaine.