"Ils ont besoin de moi comme un ancien": Gérard Lanvin raconte son retour au cinéma

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Gérard Lanvin dans
Gérard Lanvin dans

Ancien saltimbanque formé dans les cafés-théâtres des années 1970 avec Coluche, Gérard Lanvin n'avait jamais osé, en quarante ans de carrière, se livrer au jeu de l'autodérision. C'est désormais chose faite dans J'adore ce que vous faites, comédie en salles ce mercredi où il incarne une version de lui-même un peu ringarde et harcelée par l'un de ses fans, joué par l'humoriste Artus.

Éternelle incarnation du baroudeur à l'écran, de Marche à l'ombre au Boulet en passant Les Spécialistes et Trois Zéros, Gérard Lanvin est ravi d'avoir pu endosser ce rôle inédit:

"Il y a de la dérision, forcément, et de l'autodérision, parce qu'on parle quand même de la vie d'un acteur, et c'est toujours un peu fou. On arrive sur les tournages, on nous met dans des grandes maisons tout seul, on a affaire à des grands moments de solitude, parfois! Il y a de quoi faire une bonne comédie."

Dans cette comédie mélancolique, l'acteur évoque ses relations avec ses fans, qui chaque jour l'arrêtent pour lui demander s'il est bien Gérard Lanvin. A chaque fois, il leur répond de la même manière: "De temps en temps."

"C'est une manière de dire que je suis acteur, oui, mais que je suis aussi ordinaire", glisse le comédien, moins bourru qu'on pourrait le croire. "Il faut toujours être prêt à répondre, parce que c'est toujours de l'amitié. Je n'ai jamais rencontré de gens agressifs avec moi."

L'acteur goûte d'autant plus à ces bains de foule qu'il a toujours refusé les honneurs (il n'a jamais récupéré ses deux César) et qu'il s'est toujours senti en porte-à-faux vis-à-vis du cinéma d'auteur hexagonale: "J'ai la chance d'être populaire, mais le cinéma parisien ne m'a jamais apprécié. Par cinéma parisien, j'entends les films d'auteur. J'aurais adoré travailler avec Chabrol, Sautet, etc. Bon, ce n'est pas très grave."

Reconversion à la télé

Gérard Lanvin s'est d'ailleurs toujours senti plus proche du peuple que des hautes sphères. L'acteur a en sa possession des carnets dans lesquels il a consigné pendant des années des piques entendues dans des bistrots. Piques qu'il a ensuite réutilisées dans ses films, de Trois Zéros à Camping: "Je le fais quand c'est nécessaire. J'ai des cahiers remplis de formules entendues quand je faisais les brèves de comptoir pour Coluche. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup écouté les gens parler dans la rue."

Script-doctor caché de la plupart de ses films, Gérard Lanvin n'a aucune velléité d'écriture: "J'ai fait un disque avec mon fils. Tout ce que j'ai eu à dire, notamment sur la politique, j'ai pu les dire en chanson, parce qu'une chanson, c'est 3 minutes. Un film, ce n'est pas la forme d'écriture que je préfère, parce que je ne sais pas construire les histoires. Par contre, je corrige toujours les dialogues de mes scènes, parce que ça me plaît. J'essaie toujours d'amener un peu de drôlerie, à ma manière."

Depuis 2015, Gérard Lanvin a réduit ses apparitions médiatiques. Il a eu deux rôles principaux au cinéma (Papi Sitter en 2020, puis J'adore ce que vous faites) et deux caméos (dans Bronx, puis Envole-moi). Il s'oriente désormais vers la télévision, où il vient d'émouvoir cinq millions de téléspectateurs avec Les Enfants des justes, un téléfilm sur la Seconde Guerre mondiale réalisé par son ami Fabien Onteniente.

"J'ai envie d'aller vers les unitaires télé. C'est un kiff pour moi. C'est 22 jours de tournage. C'est plein pot. Quand on travaille au cinéma, c'est deux mois, et pas forcément tous les jours. On perd beaucoup de temps à attendre. J'ai aimé le rythme de la télé. Il y a aussi des sujets à traiter en télé qui sont vachement importants, vachement intéressants. Là, je vais en faire un autre avec Fabien."

"Ils ont besoin de moi comme un ancien"

A 71 ans passés, Gérard Lanvin accepte qu'il ne puisse plus jouer que des patriarches et des grands-pères. "Avec le temps qui passe, ils ont besoin de moi comme un ancien, et c'est tant mieux. Jusqu'à présent, au cinéma, c'était Dussollier qui avait ces rôles. Ça me va très bien parce qu'en vieillissant, vous avez envie de ça. J'ai abandonné le film d'action. Ça serait compliqué à mon âge d'aller courir derrière une bagnole! D'ailleurs, il faudrait pouvoir courir mieux!" Il s'apprête néanmoins à reprendre son rôle d'Alain Colonna dans Quatre Zéros, suite de la comédie de foot culte des années 2000.

Au crépuscule de sa carrière, il lui reste comme son personnage dans J'adore ce que vous faites un carnet compilant les articles de presse le mentionnant. Un document précieux conçu pour les besoins du film et qui rappelle de bons souvenirs au comédien, qui n'avait gardé aucune trace de ses apparitions médiatiques: "Ma mère collectionnait les coupures de presse, puisque toutes les mamans font ça, mais ma mère n'est plus là depuis un moment..."

"J'ai été surpris du contenu", ajoute-t-il. "Il y avait tout. J'ai trente ans de moins sur certaines photos avec Michel Blanc dans Marche à l'ombre. Je me suis pris ça en pleine gueule. C'était quand même des films qui cartonnaient! C'était que des moments joyeux!" Lanvin a rapporté l'objet chez lui, pour sa famille. "Quand je ne serai plus là, ça sera un document sur un parcours qui aura été magnifique et plein de bonheur."

Article original publié sur BFMTV.com

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